Le bras de fer administratif se durcit de nouveau à Lille autour de l’enseignement privé confessionnel. Alors que le groupe scolaire Averroès, établissement musulman sous contrat, projetait l’ouverture d’une classe de cours préparatoire (CP) pour la rentrée 2026, la préfecture du Nord a opposé une fin de non-recevoir à cette demande d’extension. La décision, notifiée mardi, ne repose pas sur les critères habituels de conformité des locaux ou de moyens pédagogiques, mais sur une qualification idéologique précise qui relance les tensions entre l’État et la direction de l’école.
**Un refus fondé sur une accusation idéologique**
Malgré un dossier technique présenté comme complet, incluant des locaux achevés, du matériel acquis et une enseignante recrutée, l’administration française a bloqué le processus. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la préfecture du Nord justifie sa décision par un rattachement supposé du projet à la « mouvance frériste », en référence aux Frères musulmans.
Cette justification marque un tournant dans le traitement du dossier, s’éloignant des considérations matérielles qui avaient motivé un premier rejet pour travaux inachevés. Éric Dufour, directeur du groupe scolaire, conteste fermement cette lecture administrative, dénonçant des « motifs politiques » déconnectés de la réalité éducative. « Dire qu’il y a une mouvance qui influence nos élèves est scandaleux, diffamatoire et mensonger », a-t-il réagi, précisant que l’association gestionnaire n’intervient pas dans les consignes pédagogiques.
**Un contexte judiciaire déjà chargé**
Ce nouvel épisode intervient moins d’un an après une victoire significative de l’établissement devant la justice administrative. En avril 2025, le tribunal administratif avait annulé la décision du préfet de rompre le contrat d’association du lycée avec l’État, estimant que les accusations de « manquements graves aux principes de la République » n’étaient pas suffisamment étayées. L’Éducation nationale avait alors dû rétablir les financements dans l’attente d’un jugement en appel.
Pour la direction de l’établissement, qui accueille près de 800 élèves au collège et au lycée depuis sa fondation en 2003, ce refus d’extension au niveau primaire traduit une « suspicion persistante » envers l’enseignement privé musulman en France. L’avocat du groupe scolaire a annoncé le dépôt imminent d’un recours en référé pour contester ce blocage, alors que la direction réaffirme sa volonté de ne pas renoncer au projet.
Il faut pas renoncer car en France y’a des écoles juives partout pourquoi pas des écoles musulmanes d’autant plus que les écoles purement etatiques lharcelement scolaire grimpe dangereusement