Le gouvernement italien vient de franchir un nouveau palier dans sa gestion des frontières maritimes. Réuni mercredi, le cabinet de la Première ministre Giorgia Meloni a donné son feu vert à un projet de loi visant à restreindre l’immigration irrégulière par des moyens renforcés. Ce texte, qui nécessite encore l’approbation des deux chambres du parlement, marque un durcissement notable de la politique sécuritaire de Rome.
Au cœur de ce dispositif législatif figure une mesure d’exception permettant l’intervention directe de la marine. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le texte autorise les autorités à instaurer un blocus naval d’une durée de 30 jours pour empêcher les arrivées par la mer. Cette option militaire reste toutefois strictement encadrée : elle ne peut être déclenchée qu’en cas de « menace grave pour l’ordre public ou la sécurité nationale ».
Le projet de loi précise la nature de ces menaces, citant notamment une « pression migratoire exceptionnelle » susceptible de compromettre la sécurité des frontières. Le document évoque également le « risque concret » d’actes terroristes, d’infiltrations, ainsi que la gestion d’urgences sanitaires mondiales ou la tenue d’événements internationaux de haut niveau.
Outre le volet militaire, le texte prévoit un arsenal de sanctions financières lourdes. Les contrevenants aux nouvelles règles s’exposent à des amendes pouvant atteindre 50 000 euros (environ 32,8 millions de FCFA). En cas de récidive, la confiscation des embarcations est prévue, une disposition qui semble cibler spécifiquement les navires de sauvetage humanitaire opérant en Méditerranée.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large, incluant la volonté de relancer le centre de rétention pour migrants en Albanie, dont l’opérationnalisation a été freinée par des obstacles juridiques. Elle intervient également au lendemain de l’adoption par le Parlement européen de textes durcissant la politique migratoire de l’Union, permettant notamment de faciliter les renvois vers des pays tiers jugés sûrs.
Si les chiffres officiels du gouvernement italien indiquent une baisse des arrivées cette année — 2 000 contre 4 400 sur la même période l’an dernier —, la situation humanitaire reste critique. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) rapporte que près de 490 personnes ont été portées disparues en Méditerranée centrale depuis le début de l’année.