Le Parlement israélien a tranché sur une proposition législative portée par l’opposition. Le texte, qui ambitionnait d’inscrire officiellement le Qatar sur la liste des adversaires déclarés d’Israël, n’a finalement pas recueilli les suffrages nécessaires lors de son examen en plénière.
Selon les éléments rapportés par l’agence de presse Anadolu, s’appuyant sur les données de la chaîne israélienne 12, la proposition de loi soumise par Yaïr Lapid, chef de file du parti Yesh Atid (Il y a un avenir), a été repoussée par les députés. Lors du scrutin, 45 parlementaires se sont opposés au texte, contre 28 voix favorables. Le nombre exact de votants sur les 120 élus que compte la Knesset n’a pas été communiqué lors de cette séance.
Ce vote a par ailleurs été marqué par le retrait de la formation Bleu et Blanc. Son dirigeant, Benny Gantz, a justifié le boycott de ce scrutin par son groupe parlementaire en affirmant qu’il n’était « pas juste de soulever des questions politiques en temps de guerre ». L’initiative de Yaïr Lapid, introduite le mois précédent, s’inscrivait dans un climat de forte tension entre Tel-Aviv et Doha.
Cette tentative de classification diplomatique intervient en effet dans le sillage d’opérations militaires directes menées sur le sol qatari. Le 9 septembre 2025, l’aviation israélienne a frappé un bâtiment abritant la délégation de négociation du Hamas à Doha. Si les hauts dirigeants du mouvement palestinien ont survécu à ce raid, l’attaque a fait six morts. Parmi les victimes figuraient le fils de Khalil al-Hayya, membre du bureau politique du Hamas, quatre membres de l’organisation ainsi qu’un policier qatari.
Dès le lendemain de cette frappe, le 10 septembre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait publiquement accentué la pression sur le pays du Golfe. S’adressant aux autorités qataries, il avait formulé des menaces explicites : « Soit vous les expulsez, soit vous les traduisez en justice. Si vous ne le faites pas, nous le ferons. »
