L’armée israélienne, engagée simultanément sur plusieurs théâtres d’opérations au Moyen-Orient, traverse une crise d’effectifs majeure. Face à l’allongement de la durée des combats, les autorités militaires et politiques alertent sur les limites humaines et logistiques de leurs troupes.
Selon les informations rapportées par l’agence de presse Anadolu, s’appuyant sur des données du journal Le Parisien, il manque actuellement au moins 15 000 soldats à Tsahal. Parmi ce déficit global, environ 7 000 postes de combattants sont vacants, un manque qui complique le maintien du rythme des hostilités. Les forces israéliennes sont aujourd’hui déployées sur cinq fronts distincts : la bande de Gaza, le Liban, la Cisjordanie, la Syrie et l’Iran.
Devant le cabinet de sécurité, le chef d’état-major de l’armée, Eyal Zamir, a formulé une mise en garde directe. Les médias israéliens indiquent qu’il a évoqué un risque d’« effondrement interne » de l’institution militaire si la situation perdure. L’armée a publiquement corroboré ces difficultés par la voix de son porte-parole, le général de brigade Effie Defrin, qui a confirmé la nécessité d’intégrer des « forces supplémentaires », en ciblant particulièrement les besoins sur le front libanais.
Sur le plan politique, le chef de l’opposition Yaïr Lapid a vivement réagi à ce déficit capacitaire. Cité par Le Figaro et relayé par Anadolu, il a accusé le gouvernement de Benyamin Netanyahou de diriger le pays vers un « désastre sécuritaire ». Lapid a dénoncé le fait d’envoyer l’armée combattre « sans stratégie, sans les moyens nécessaires et avec beaucoup trop peu de soldats ». Il a particulièrement insisté sur l’état d’épuisement des réservistes, dont certains effectuent actuellement leur sixième ou septième rotation depuis octobre 2023.
Pour pallier ce manque critique d’effectifs, le chef de l’opposition a exigé une réforme immédiate du service militaire. Sa demande porte sur la fin des exemptions accordées aux juifs ultra-orthodoxes, une disposition en vigueur depuis la création de l’État en 1948. Lapid a exhorté le gouvernement à appliquer la conscription à cette frange de la population, demandant l’intervention de la police militaire contre ceux qui refuseraient de s’enrôler.