Une commission parlementaire de la Knesset israélienne a voté, lundi, pour la destitution du député arabe Ayman Odeh, en raison de son soutien à la libération de détenus palestiniens. Selon la chaîne de télévision israélienne Channel 12, le vote s’est soldé par 12 voix pour et 2 contre. Parmi les partisans de la motion figuraient des membres des partis d’opposition israéliens, Yesh Atid de Yair Lapid et l’alliance Bleu et Blanc de Benny Gantz.
Dans un communiqué, Ayman Odeh, chef du Front démocratique pour la paix et l’égalité (Hadash), a dénoncé le vote, accusant les partis d’opposition d’avoir « franchi une ligne rouge » et de collaborer avec le gouvernement pour « anéantir l’espace démocratique ». Il a ajouté : « Certains d’entre eux nous détestent plus qu’ils n’aiment la démocratie. Il ne s’agit pas d’une opposition, mais d’une coalition masquée. Ils veulent soumettre le système judiciaire, faire taire les voix critiques et faire d’Israël une dictature messianique. Aujourd’hui, c’est moi, demain ce sera vous. Quiconque ose s’opposer sera le prochain sur la liste ».
La motion doit maintenant être soumise à la session plénière de la Knesset pour un vote final. Il faut une majorité de 90 voix sur 120 pour que la destitution soit effective. Même en cas d’approbation, le député arabe pourra faire appel de la décision auprès de la Cour suprême. Les Palestiniens de 1948 représentent 21 % de la population israélienne, estimée à environ 10 millions d’habitants.
Comme le souligne notre précédent article sur l’adoption de lois controversées à la Knesset concernant l’expulsion des familles de Palestiniens, les tensions politiques en Israël restent élevées. De plus, la récente réforme judiciaire adoptée par la Knesset a suscité de vives critiques, mettant en lumière les divisions profondes au sein de la société israélienne.