Israël : Donald Trump cible publiquement le président Herzog pour son refus d’accorder cette mesure exceptionnelle à Netanyahu

Les relations entre l’exécutif américain et le gouvernement israélien affichent une proximité rarement égalée, marquée par la récente rencontre à la Maison Blanche entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu. Pourtant, cette alliance politique se heurte désormais aux institutions de l’État hébreu. Interrogé par la presse jeudi, le président des États-Unis n’a pas hésité à invectiver le chef de l’État israélien, Isaac Herzog, lui reprochant son inaction face aux lourdes poursuites judiciaires qui visent le Premier ministre.

La pression diplomatique s’est transformée en attaque personnelle. Au lendemain de son septième entretien avec Benjamin Netanyahu depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a exprimé son mécontentement de manière virulente. Selon les propos relayés par Al Jazeera, le président américain a qualifié Isaac Herzog de « honteux » (« disgraceful ») pour ne pas avoir usé de ses pouvoirs présidentiels afin de gracier le Premier ministre israélien.

Pour Donald Trump, qui décrit son allié comme un chef de guerre « extraordinaire », le refus du président israélien d’intervenir dans le dossier judiciaire est incompréhensible. « Vous avez un président qui refuse de lui accorder une grâce. Je pense que cet homme devrait avoir honte de lui-même », a déclaré le locataire de la Maison Blanche, invitant même les citoyens israéliens à faire pression sur leur chef d’État pour obtenir cette amnistie.

Cette sortie médiatique intervient alors que Benjamin Netanyahu fait face à des accusations de corruption, incluant la réception de cadeaux luxueux et des négociations présumées pour obtenir une couverture médiatique favorable. Donald Trump avait déjà minimisé ces faits en octobre dernier devant le parlement israélien, réduisant l’affaire à des histoires de « cigares et de champagne » qui ne devraient intéresser personne.

Face à ces injonctions venues de Washington, la présidence israélienne maintient une ligne stricte. Isaac Herzog a rappelé que toute demande de grâce devait impérativement suivre les procédures et examens prévus par les lois du pays. Bien que son rôle soit principalement honorifique, il détient le pouvoir de grâce, une prérogative que Donald Trump souhaite voir activée pour effacer l’ardoise judiciaire de son partenaire politique.

Outre ces affaires de corruption interne, dont le procès a débuté en 2020, Benjamin Netanyahu est également visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre présumés à Gaza. Paradoxalement, bien que présenté comme une figure centriste par rapport au Premier ministre, Isaac Herzog a tenu des propos controversés sur le conflit, suggérant une responsabilité collective des Palestiniens, des déclarations citées par les enquêteurs de l’ONU.

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