Le passage par le détroit d’Hormuz, couloir maritime stratégique pour les exportations d’hydrocarbures, reste au centre des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis. Lundi, le chef de l’agence maritime de l’ONU a pris position sur l’une des options évoquées par Téhéran pour encadrer une éventuelle réouverture de cette voie navigable.
Selon les informations rapportées par Insider Paper, le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, a affirmé qu’il n’existait « aucune base légale » pour imposer des taxes, droits de douane ou frais aux navires empruntant un détroit destiné à la navigation internationale. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse, en marge d’une réunion du comité de protection maritime de l’OMI.
Le trafic dans le détroit d’Hormuz est fortement perturbé depuis les attaques menées fin février par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. D’après le contenu source, l’Iran a fermé le passage, réduisant nettement les flux de pétrole et de gaz et provoquant une hausse des prix, tandis que les Etats-Unis ont mis en place un blocus des ports iraniens. Téhéran a aussi indiqué vouloir intégrer des frais de transit dans le cadre d’un accord de paix durable.
Au même moment, les autorités iraniennes avancent sur un projet de loi relatif à la gestion de cette voie maritime. Ebrahim Azizi, président de la commission de la sécurité nationale du Parlement iranien, a déclaré à la télévision d’Etat que les forces armées contrôlaient déjà le détroit et cherchaient à interdire le passage de « navires hostiles ». Le texte prévoit également que les revenus financiers tirés du détroit soient versés en rial iranien.
Arsenio Dominguez a précisé être en contact avec « tous les pays de la région », y compris l’Iran. Il a rejeté de manière ferme l’idée qu’une réouverture du détroit puisse être conditionnée au paiement de frais. Il a également indiqué qu’une opération d’évacuation prévue pour environ 20.000 marins actuellement bloqués sur des navires dans le Golfe ne pourrait commencer que lorsque le détroit serait totalement sécurisé.
Le dossier du détroit demeure l’un des principaux points de blocage dans les négociations entre Washington et Téhéran, malgré le maintien d’un cessez-le-feu qualifié de fragile depuis le 8 avril. Parallèlement, les discussions entre membres de l’OMI portent aussi cette semaine sur la relance des négociations autour d’un plan de décarbonation du transport maritime mondial, un texte dont l’adoption prévue en octobre dernier avait été bloquée par les Etats-Unis, soutenus notamment par l’Arabie saoudite et la Russie.