Depuis le 8 janvier, l’Iran vit au rythme d’une coupure quasi totale d’internet, décidée par les autorités en réponse à la vague de contestation qui secoue le pays. Si la dimension sécuritaire et humaine de cette crise retient l’attention internationale, les répercussions sur le tissu économique local commencent à être chiffrées avec précision. Les données émanant des professionnels du secteur technologique mettent en lumière une hémorragie financière considérable pour Téhéran.
Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, citant le site d’information Entekhab, le blocage du réseau engendre une perte économique directe estimée à environ 20,6 millions de dollars par jour. Ali Hekimjavadi, président de l’Organisation professionnelle des ingénieurs informaticiens, évalue ce préjudice quotidien entre 2 000 et 3 000 milliards de tomans. Cette estimation se concentre uniquement sur les dommages immédiats subis par les entreprises numériques et les prestataires de services informatiques, dont l’activité dépend intrinsèquement de la connectivité mondiale.
L’impact dépasse largement le seul secteur de la tech. La Chambre de Commerce d’Iran, relayée par le site Fararu, signale une paralysie de facto d’une partie des activités commerciales. Les quelques systèmes installés en urgence ne suffisent pas à maintenir les échanges, rendant la communication avec les partenaires étrangers extrêmement complexe. Au total, depuis le début des restrictions il y a environ 18 jours, les pertes directes cumulées excéderaient les 370 millions de dollars. Ces chiffres n’incluent pas les dommages collatéraux tels que la fuite des investissements ou le recul dans les classements internationaux.
Ce blackout numérique intervient dans un contexte de forte tension sociale, initiée le 28 décembre 2025 par des commerçants du Grand Bazar de Téhéran protestant contre la chute de la monnaie nationale. Sur le plan humain, le bilan reste sujet à des divergences notables : l’agence Human Rights Activists News Agency (HRANA) évoque 5 459 décès et plus de 40 000 arrestations, tandis que l’Organisation médico-légale iranienne a officialisé 3 117 morts, incluant des membres des forces de sécurité.