Une nouvelle vague de tensions traverse l’Iran où les autorités ont décidé de durcir le ton face aux manifestations déclenchées par la crise économique. Ce lundi, le chef du pouvoir judiciaire, Mohseni Ejei, a averti qu’aucune tolérance ne sera accordée à ceux qu’il qualifie d’« émeutiers », alors que le pays fait face à une inflation galopante et une dépréciation historique de sa monnaie.
S’exprimant lors d’un rassemblement à Téhéran, Mohseni Ejei a tracé une ligne rouge claire entre les revendications légitimes et les troubles à l’ordre public. Si les autorités se disent prêtes à écouter les critiques concernant le bien-être social, la réponse judiciaire sera implacable envers les instigateurs de violences. « Aucune clémence » ne sera manifestée, a-t-il martelé, ordonnant aux procureurs de traiter avec célérité les dossiers impliquant le port d’armes ou les atteintes aux biens publics. Cette prise de position intervient alors que des heurts ont été signalés dans plusieurs villes, notamment dans l’ouest du pays, où des infrastructures ont été prises pour cible.
La situation économique demeure le catalyseur principal de cette colère populaire. Le rial iranien a atteint un niveau historiquement bas face au dollar américain, provoquant une flambée des prix des produits de première nécessité. Ce qui avait débuté comme un mouvement de mécontentement des commerçants du Grand Bazar de Téhéran s’est transformé, selon le chef de la police Ahmad-Reza Radan, en « émeutes de rue ». Le Corps des Gardiens de la révolution islamique a d’ailleurs prévenu que la période de tolérance était révolue, qualifiant les meneurs d’« agents des ennemis de l’État ».
Sur le plan diplomatique, Téhéran pointe du doigt une ingérence étrangère. Comme le rapporte l’agence Anadolu, les responsables iraniens accusent ouvertement Israël et les États-Unis de mener une « guerre douce » pour déstabiliser le pays. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a condamné les soutiens extérieurs aux manifestations. Par ailleurs, les déclarations du président américain Donald Trump, menaçant de « venir à la rescousse » des manifestants en cas de répression létale, ont suscité une vive réaction d’Ali Larijani, haut responsable de la sécurité, qui a mis en garde contre les conséquences d’une telle intervention pour la stabilité du Moyen-Orient.




