Le Forum économique mondial de Davos est traditionnellement le théâtre de grandes poignées de main diplomatiques, mais cette édition est marquée par un départ anticipé lourd de sens. Alors que le président américain Donald Trump comptait sur la présence des leaders européens pour lancer sa nouvelle initiative internationale, l’agenda du chancelier allemand vient d’être modifié en dernière minute pour répondre à une urgence communautaire.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Friedrich Merz ne sera pas présent lors de la cérémonie de signature du « Conseil de la paix », l’initiative portée par la Maison Blanche. Le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Meyer, a confirmé ce mercredi lors d’une conférence de presse à Berlin que le chancelier quittera la station suisse immédiatement après son allocution prévue jeudi matin.
« Cela signifie qu’il aura déjà quitté les lieux au moment de la cérémonie », a précisé le porte-parole adjoint. Ce départ précipité n’est pas anodin : il répond à une convocation prioritaire à Bruxelles.
Une réunion de crise sur le dossier du Groenland
Si Friedrich Merz fait l’impasse sur l’événement américain, c’est pour rejoindre un sommet informel des dirigeants de l’Union européenne. Au cœur des discussions figurent les tensions commerciales croissantes avec les États-Unis. L’administration Trump a en effet menacé d’imposer de nouveaux droits de douane aux pays européens qui s’opposeraient à son projet d’acquisition du Groenland.
Cette île de l’Arctique, territoire autonome du Royaume du Danemark, est devenue un point de friction majeur. Donald Trump, invoquant des raisons de sécurité nationale et la nécessité de contrer l’influence de la Chine et de la Russie dans la région, insiste sur la volonté américaine de prendre le contrôle de ce territoire riche en ressources minières.
Face au refus catégorique du Danemark et du gouvernement local groenlandais de céder leur souveraineté, Washington a élevé le ton en évoquant des sanctions économiques contre les alliés européens solidaires de Copenhague. C’est pour définir une position commune face à cette pression que le chancelier allemand privilégiera les discussions de Bruxelles à la cérémonie de Davos.