La diplomatie parlementaire se heurte parfois à des barrières inattendues, surtout lorsque les enjeux technologiques s’invitent dans les relations bilatérales. Alors qu’il devait se rendre à Washington la semaine prochaine pour une mission officielle, un député de la majorité française a vu son accréditation bloquée par les services de sécurité américains, une décision qui semble directement liée à ses initiatives judiciaires récentes contre une plateforme numérique majeure.
Le député des Côtes-d’Armor, Éric Bothorel (Renaissance), ne fera probablement pas partie de la délégation parlementaire attendue aux États-Unis. L’organisateur du déplacement a informé l’élu que le Secret Service, l’unité d’élite chargée de la protection du président américain, a refusé de lui délivrer l’accréditation indispensable pour pénétrer à la Maison-Blanche.
Si aucune notification formelle d’interdiction de territoire n’a été émise à ce stade, la situation est jugée suffisamment sérieuse par les autorités françaises. D’après les informations rapportées par l’agence Anadolu, plusieurs services étatiques ont « fortement dissuadé » le parlementaire d’entreprendre ce voyage, anticipant de possibles complications à son arrivée sur le sol américain.
**Un signalement judiciaire à l’origine du blocage**
Ce refus intervient dans un contexte particulier de tension autour de la régulation numérique. En début d’année 2025, Éric Bothorel avait saisi la justice française pour dénoncer ce qu’il qualifiait de « dérives » et de « biais algorithmiques » sur le réseau social X. Cette action avait conduit le Parquet de Paris à ouvrir une enquête et à ordonner une perquisition dans les locaux français de l’entreprise.
Elon Musk, propriétaire de la plateforme et figure proche de l’administration américaine, avait alors vivement réagi en qualifiant ces procédures d’« attaque politique ». Pour le député français, le lien de cause à effet apparaît clair : les obstacles rencontrés seraient une conséquence directe de ses positions en faveur d’un encadrement renforcé des géants du numérique et de l’intelligence artificielle, qu’il considère comme une nécessité pour la préservation des démocraties.
**Des précédents signalés en Europe**
Le cas de M. Bothorel ne semble pas isolé. Selon la presse française, d’autres personnalités européennes plaidant pour un durcissement des règles vis-à-vis du secteur technologique auraient fait l’objet de restrictions similaires fin décembre. Interrogée sur ce dossier, Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement français, s’est abstenue de tout commentaire, renvoyant la question au ministère des Affaires étrangères. De leur côté, les autorités américaines n’ont pour l’heure fourni aucune explication officielle sur ce refus d’accréditation.