Le dynamisme industriel du Royaume chérifien franchit un nouveau palier dans la région de l’Oriental. Alors que le pays s’est imposé ces dernières années comme une plateforme incontournable de l’assemblage automobile, un maillon essentiel de la chaîne de valeur manquait encore à l’appel pour assurer une souveraineté complète du secteur. Ce vendredi 23 janvier, dans la zone d’accélération industrielle de Betoya, les autorités marocaines et leurs partenaires asiatiques ont officiellement lancé les travaux d’une infrastructure d’envergure, destinée à combler ce vide structurel.
C’est une première dans l’histoire industrielle du pays. Le groupe chinois Shandong Yongsheng Rubber, via sa filiale « Goldensun Tire Morocco », engage un investissement massif de 6,7 milliards de dirhams, soit environ 640 millions d’euros, pour implanter une usine de fabrication de pneumatiques. Selon les informations relayées par Agence Afrique, ce complexe s’étendra sur 52 hectares dans la province de Driouch. Il s’agit du plus grand projet de ce type sur le continent, avec une capacité de production prévisionnelle de 18 millions de pneus par an une fois opérationnel, début 2027.
L’impact socio-économique annoncé est significatif pour cette région du nord-est du Maroc. Le projet prévoit la création de 1 737 emplois directs. Au-delà des chiffres, cette implantation marque une rupture technologique : le Maroc, bien que performant dans la construction automobile, ne produisait pas encore ses propres pneumatiques. L’usine intégrera des unités de recherche et développement, favorisant le transfert de compétences et la montée en gamme locale, consolidant ainsi la position du Maroc sur l’échiquier mondial, quelques jours après la reconnaissance diplomatique obtenue par le Royaume à Davos.
Le choix de l’emplacement répond à une logique logistique précise. Situé à proximité du port Nador West Med, le futur site bénéficiera d’un accès direct aux marchés d’exportation vers l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Pour les autorités, cette infrastructure portuaire joue un rôle central, similaire à celui de Tanger-Med, dans l’intégration du Royaume aux chaînes de valeur mondiales.
Lors de la cérémonie de lancement, Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, a qualifié ce chantier d’« étape structurante ». Il a mis en avant la capacité du pays à concrétiser rapidement des investissements lourds grâce à un écosystème coordonné. Ce projet s’inscrit dans la continuité de l’Initiative royale pour le développement de l’Oriental et bénéficie des incitations de la nouvelle Charte de l’investissement, envoyant un signal de stabilité aux capitaux étrangers.