Les diplomates russes et ukrainiens se retrouvent en Suisse pour une troisième tentative de règlement du conflit, sous l’égide des États-Unis. Alors que les combats font rage sur le terrain, notamment à Odesa, la dynamique diplomatique est marquée par une pression accrue exercée par la Maison Blanche sur l’une des parties belligérantes.
C’est dans un climat de tension extrême que s’est ouvert, ce mardi à Genève, le troisième cycle de négociations de paix entre Moscou et Kiev. À quelques jours du quatrième anniversaire du début de l’invasion, ces discussions, facilitées par l’administration américaine, visent à trouver une issue au plus grand conflit armé en Europe depuis 1945. Pourtant, l’atmosphère autour de la table ronde contraste violemment avec la réalité du terrain et les déclarations politiques venant de Washington.
Une reprise sous les bombes
La délégation ukrainienne, menée par Rustem Umerov, a indiqué aborder ces deux jours de discussions avec une volonté de travailler de manière « constructive », en se concentrant prioritairement sur les questions « sécuritaires et humanitaires ». Selon nos informations, Kiev tente de limiter les attentes excessives, conscient de la complexité du dossier.
Le contexte immédiat ne prête guère à l’optimisme. Quelques heures avant le début des échanges, l’armée russe a mené une série de frappes aériennes massives. La ville portuaire d’Odesa, dans le sud de l’Ukraine, a été particulièrement touchée. Le président Volodymyr Zelenskyy a confirmé que ces attaques ont gravement endommagé le réseau électrique, laissant des dizaines de milliers d’habitants sans chauffage ni eau.
Face à cette escalade, le chef de l’État ukrainien a réitéré son appel aux alliés de Kiev pour intensifier la pression sur la Russie, réclamant des sanctions plus lourdes et un approvisionnement accru en armes pour parvenir à une paix « réelle et juste ».
La pression explicite de Donald Trump
Le rôle des États-Unis, médiateurs de ces rencontres, attire particulièrement l’attention. Le président Donald Trump, qui pousse activement pour un accord rapide, a profité d’un échange avec la presse à bord d’Air Force One pour clarifier sa position. Interrogé sur ses attentes concernant Genève, le locataire de la Maison Blanche a singulièrement pointé du doigt la partie ukrainienne.
« Nous avons de grandes discussions », a déclaré Donald Trump, relayé par Al Jazeera. « Cela va être très facile. Je veux dire, écoutez, jusqu’à présent, l’Ukraine a intérêt à venir à la table rapidement. C’est tout ce que je vous dis. »
Cette sortie confirme les craintes exprimées par Volodymyr Zelenskyy, qui déplorait récemment que son pays subisse davantage de pression pour faire des concessions que son adversaire.
L’enjeu territorial au cœur du blocage
Sur le fond, les positions restent éloignées. Le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, a fait savoir que l’ordre du jour incluait un « large éventail de questions », y compris les revendications territoriales russes. Moscou exige notamment que l’Ukraine cède les 20 % restants de la région de Donetsk que l’armée russe n’a pas réussi à capturer militairement.
Une demande que Kiev refuse catégoriquement, figeant pour l’instant les discussions sur les points les plus critiques de la souveraineté territoriale.