Guerre commerciale : L’illusion précise que Washington vend aux Européens selon la mise en garde d’Emmanuel Macron

À quelques jours d’un sommet crucial à Bruxelles consacré à la compétitivité, le président français a pris la parole pour définir la posture que l’Europe doit adopter face aux géants économiques mondiaux. Dans un entretien accordé lundi à plusieurs médias européens, Emmanuel Macron a livré une analyse sans concession des relations transatlantiques, appelant ses partenaires à ne pas se fier aux apparences diplomatiques actuelles.

L’avertissement est formel et vise directement la perception que les dirigeants européens peuvent avoir des négociations avec les États-Unis. Pour le chef de l’État français, les tensions commerciales ne sont pas passagères mais structurelles. Il met en garde contre une lecture naïve des mouvements diplomatiques américains : « Il y a les menaces et les intimidations. Et puis, d’un seul coup, Washington recule. Et on pense que c’est fini. Mais n’y croyez pas une seule seconde », a-t-il martelé, selon les propos rapportés par l’agence Anadolu.

Pour faire face à cette réalité, Emmanuel Macron plaide pour une « préférence européenne » assumée dans des secteurs stratégiques. Il ne s’agit pas, selon lui, de verser dans le protectionnisme, mais d’instaurer une cohérence réglementaire. L’objectif est de ne plus imposer aux producteurs du continent des normes strictes que les importateurs non européens ne respectent pas. Les domaines ciblés incluent les technologies propres, la chimie, l’acier, l’automobile et la défense.

Cette stratégie de souveraineté répond à une double pression économique : celle de la politique commerciale américaine et celle de la montée en puissance industrielle de la Chine. Pour ne pas être distancée, l’Union européenne doit, selon le diagnostic présidentiel, accélérer massivement ses investissements dans la transition écologique, le numérique et l’intelligence artificielle. Les besoins sont chiffrés à environ 1 200 milliards d’euros par an.

Le financement de ces ambitions a permis au président français de relancer un sujet sensible : l’endettement commun. Il préconise la création d’une capacité commune d’endettement, qualifiée d’« eurobonds d’avenir », pour soutenir ces dépenses stratégiques. Une proposition qui, bien que soutenue par Paris, continue de rencontrer des réticences au sein de l’Union, notamment de la part de l’Allemagne.

Sur le plan militaire, Emmanuel Macron a également évoqué le Système de combat aérien du futur (SCAF). Malgré les frictions persistantes entre industriels français et allemands, il considère ce programme, qui vise à remplacer les Rafale et Eurofighter à l’horizon 2040, comme un projet nécessaire qui doit avancer.

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