Les répercussions de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran continuent de bouleverser l’économie mondiale. Face à la paralysie du trafic maritime et à la flambée des prix du brut, les grandes puissances tentent de stabiliser le marché. Si Tokyo participe activement à l’effort économique international, les autorités nippones ont fermement délimité leur niveau d’implication dans la région.
Selon les informations de notre rédaction, relayées par l’agence Anadolu, le Japon a officiellement commencé ce lundi à puiser dans ses réserves stratégiques de pétrole. Cette décision s’inscrit dans une vaste opération coordonnée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), regroupant 32 pays membres. L’objectif est de libérer 400 millions de barils sur le marché mondial, un déstockage inédit dans l’histoire de l’institution. Concrètement, Tokyo a acté dans son journal officiel la réduction du niveau obligatoire des stocks privés, débloquant ainsi l’équivalent de quinze jours de consommation nationale. La Première ministre, Sanae Takaichi, a également évoqué la possibilité de mobiliser les réserves de l’État d’ici la fin du mois de mars.
L’urgence de la situation s’explique par la forte vulnérabilité de l’archipel face aux approvisionnements du Moyen-Orient. Environ 95 % des importations japonaises de pétrole proviennent de cette région, dont près de 70 % transitent habituellement par le détroit d’Ormuz. Or, ce passage stratégique est devenu quasiment impraticable depuis le début de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran à la fin du mois de février. Le porte-parole du gouvernement japonais, Minoru Kihara, a d’ailleurs prévenu que les volumes de brut importés devraient connaître une baisse marquée sous peu en raison des difficultés de navigation.
Cependant, la participation de Tokyo à la sécurisation de cette route énergétique s’arrête au volet économique. Malgré les appels du Président Donald Trump en faveur d’une mobilisation internationale dans le détroit d’Ormuz, le Japon a exclu toute intervention armée. Le ministre de la Défense, Shinjiro Koizumi, a précisé devant le Parlement qu’aucune opération de sécurité maritime n’était à l’ordre du jour. Une position appuyée par Sanae Takaichi, qui a souligné la grande difficulté juridique d’un tel déploiement. La Constitution pacifiste japonaise, en vigueur depuis 1947, encadre en effet de manière très stricte l’envoi de forces militaires à l’étranger.