Guerre au Moyen-Orient : la flambée des prix à la pompe déclenche un plan de rationnement strict dans plusieurs pays

Les tensions militaires entre les États-Unis, Israël et l’Iran, amorcées à la fin du mois de février, débordent désormais du cadre strictement géopolitique. Les affrontements dans la région du Golfe perturbent de manière significative les chaînes d’approvisionnement mondiales, provoquant une onde de choc sur les marchés de l’énergie et de la finance.

Le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique par lequel transitent environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz, voit son trafic drastiquement réduit suite aux attaques iraniennes contre plusieurs navires de commerce. Conséquence immédiate sur les marchés : le baril de Brent a bondi de plus de 40 %, atteignant 106 dollars. Le gaz naturel liquéfié (GNL) enregistre pour sa part une hausse de près de 60 %, selon les données relayées par Al Jazeera. Le média précise d’ailleurs que QatarEnergy, qui fournit un cinquième du GNL mondial, a suspendu sa production dès le 2 mars après une attaque ciblée de drone.

Cette vulnérabilité des infrastructures dans le Golfe s’inscrit dans une série d’incidents matériels récents. Début mars, l’Iran avait ciblé des installations technologiques, endommageant notamment des centres de données appartenant à Amazon aux Émirats arabes unis et à Bahreïn.

L’impact de cette crise énergétique frappe de plein fouet les économies asiatiques, destinataires de 84 % du brut transitant par Ormuz. Selon la plateforme Global Petrol Prices, au moins 85 pays ont enregistré une hausse des prix à la pompe depuis le 28 février, avec des pics atteignant +68 % au Cambodge, +50 % au Vietnam et +35 % au Nigeria.

Face à cette explosion des coûts, plusieurs gouvernements ont acté des mesures d’urgence pour limiter la consommation nationale de carburant. Au Pakistan et aux Philippines, les autorités ont instauré la semaine de quatre jours pour les fonctionnaires, couplée à un système de rotation en télétravail. La Thaïlande a rendu le travail à domicile obligatoire pour ses agents publics. Au Myanmar, une règle de circulation alternée a été décrétée pour les véhicules. Le Sri Lanka est allé plus loin en imposant un système d’enregistrement par QR code afin de rationner les volumes de carburant autorisés par individu.

Les répercussions s’étendent également au secteur aérien mondial. Des compagnies telles que Qantas, Air India ou Air New Zealand ont annoncé des hausses de tarifs. Le prix du kérosène d’aviation est passé d’une moyenne de 85 dollars à près de 200 dollars le baril. Une situation aggravée par le rallongement des plans de vol, les transporteurs modifiant leurs itinéraires pour éviter l’espace aérien du Golfe.

Sur le plan macroéconomique, les marchés boursiers mondiaux ont chuté de 5,5 % depuis le début des hostilités, les places asiatiques étant les plus affectées. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a publiquement alerté sur les risques d’inflation posés par la prolongation du conflit. De leur côté, les analystes de Capital Economics estiment que le baril pourrait atteindre 150 dollars si la guerre s’installe dans la durée, ravivant le spectre d’une stagflation mondiale.

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