Guerre au Moyen-Orient : Israël vote un budget record depuis un bunker et révèle le coût journalier de ses offensives

Engagé sur plusieurs fronts, notamment à Gaza, au Liban et contre l’Iran, Israël fait face à des répercussions économiques et politiques internes majeures. Alors que les hostilités se prolongent, les institutions du pays s’adaptent à une nouvelle réalité sécuritaire et financière, illustrée par des mesures gouvernementales exceptionnelles.

Selon les informations d’Al Jazeera, le coût des offensives militaires menées par Israël depuis octobre 2023 atteint des niveaux sans précédent. Les données de la Banque d’Israël chiffrent ces dépenses à 352 milliards de shekels (environ 112 milliards de dollars). Cela représente une moyenne journalière de 300 millions de shekels (96 millions de dollars) engloutis dans les opérations visant Gaza, le Liban, les Houthis et l’Iran.

Cette pression financière s’accompagne d’une adaptation matérielle des institutions. Cette semaine, les parlementaires israéliens ont voté un budget record de 271 milliards de dollars depuis un bunker fortifié. Lors de cette session, des millions de shekels ont été réorientés vers des groupes ultra-orthodoxes et des mouvements de colons. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a défendu ce texte en liant son adoption à la sécurité nationale. L’économiste Shir Hever, cité par Al Jazeera, souligne que l’économie israélienne prend les traits d’un système où les dépenses militaires sont engagées de manière arbitraire, sans tenir compte de la stabilité économique globale. À cela s’ajoutent une baisse de la productivité liée à la mobilisation des réservistes et un ralentissement de la consommation, bien que des réductions d’impôts atténuent temporairement la hausse des prix du carburant causée par le blocage du détroit d’Ormuz.

Sur le plan militaire, les objectifs affichés face à Téhéran — détruire les capacités iraniennes et provoquer un soulèvement populaire — tardent à se concrétiser. Après quatre semaines de bombardements en Iran, aucun mouvement de contestation interne n’a été observé. De plus, des sources du renseignement américain, relayées par Reuters, estiment que seul un tiers de l’arsenal de missiles iraniens a été détruit.

Malgré les alertes aériennes fréquentes qui rythment le quotidien en Israël, un sondage de l’Institut de la démocratie israélienne réalisé fin mars indique que 78 % des Israéliens juifs soutiennent la poursuite des opérations. Sur la scène politique, la ligne dure du gouvernement s’est également traduite par l’adoption d’une loi sur la peine de mort ciblant spécifiquement les Palestiniens, une mesure condamnée par les Nations Unies et l’Union européenne.

Sur le plan judiciaire international, Israël fait face à des accusations de génocide jugées crédibles par la Cour internationale de justice. Parallèlement, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense sont visés par des mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale en novembre 2024. Interrogé par la chaîne américaine Newsmax sur l’avancée de ses objectifs, le chef du gouvernement israélien a déclaré n’être arrivé qu’à « mi-chemin ».

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