Depuis plus de deux ans, l’enclave palestinienne vit au rythme des coupures quasi-totales et d’une dépendance forcée aux générateurs de fortune. Alors que les infrastructures énergétiques ont subi des dommages colossaux depuis octobre 2023, une déclaration officielle émanant du Comité national chargé de l’administration de Gaza vient soudainement rouvrir la perspective d’une alimentation électrique centralisée.
Cette annonce inattendue, relayée par l’agence Anadolu, repose sur de nouveaux développements diplomatiques et techniques dont les contours commencent à se dessiner.
**Une reprise annoncée comme imminente**
C’est par la voix d’Ali Shaath, président du Comité national, que l’information a été communiquée ce samedi. S’adressant directement aux habitants via les réseaux sociaux, le responsable a affirmé que les préparatifs techniques pour le redémarrage de l’unique centrale électrique du territoire étaient désormais achevés.
Au-delà de la simple disponibilité technique des installations, Ali Shaath a fait état d’« assurances » spécifiques qui auraient été données pour permettre cette reprise. « Tout est prêt pour que la centrale de production d’électricité reprenne ses activités », a-t-il déclaré, précisant que des travaux sont menés simultanément avec les fournisseurs d’électricité et des partenaires internationaux sur le volet de l’énergie solaire.
**Des inconnues logistiques majeures**
Si l’annonce suscite un espoir tangible pour une population dont les services vitaux, notamment hospitaliers, sont à bout de souffle, l’équation logistique reste complexe. L’administration locale n’a pour l’heure fourni aucun calendrier précis, ni détaillé les mécanismes concrets qui permettront l’acheminement du carburant nécessaire, bloqué par Israël malgré les accords de cessez-le-feu.
Le défi est d’autant plus grand que le réseau de distribution a été méthodiquement ciblé au cours des vingt-quatre derniers mois. Selon les données du bureau des médias de Gaza, environ 5 080 kilomètres de lignes électriques et 2 285 transformateurs ont été détruits. Les pertes globales du secteur sont estimées à près de 1,4 milliard de dollars.
Avant le début des hostilités en octobre 2023, la capacité disponible était d’environ 212 mégawatts, couvrant à peine la moitié des besoins réels du territoire, estimés à 500 mégawatts pour une alimentation continue.