Gaza : L’intrusion d’hommes armés à l’hôpital Nasser contraint MSF à sacrifier deux services essentiels

La situation sécuritaire à Khan Younis vient de franchir un nouveau palier critique pour les acteurs humanitaires. Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé la suspension d’une partie significative de ses activités au sein de l’hôpital Nasser, le principal complexe médical encore fonctionnel dans le sud de la bande de Gaza. Cette décision fait suite à une série d’incidents internes qui remettent en cause la neutralité de l’établissement.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le personnel de l’ONG et les patients ont été témoins de la présence d’hommes armés, certains cagoulés, à l’intérieur même du bâtiment. L’organisation médicale basée à Genève évoque des « menaces sérieuses pour la sécurité » et dénonce une « gestion de la structure » qui ne garantit plus la protection des équipes soignantes.

**Une réduction drastique de l’offre de soins**

Face à ces violations répétées, MSF a pris une mesure immédiate qui impacte lourdement la population locale. Si les services critiques, tels que la chirurgie et les soins aux patients hospitalisés, sont maintenus, l’organisation cesse son soutien aux départements de pédiatrie et de maternité. Cette suspension concerne également l’unité de soins intensifs néonatals et l’ensemble des consultations externes.

L’ONG justifie ce retrait partiel par un « schéma d’actes inacceptables ». Le rapport mentionne non seulement la présence d’individus armés, mais aussi des intimidations, des arrestations arbitraires de patients et des soupçons de mouvements d’armes au sein de l’hôpital. Zaher al-Waheidi, chef du département des archives au ministère de la Santé de Gaza, a confirmé que cette décision aura un impact majeur, alors que des centaines de patients sont admis quotidiennement dans les services concernés.

**L’identité des intrus en question**

L’organisation humanitaire précise qu’elle n’a pas été en mesure d’identifier l’affiliation des hommes armés observés sur place. De son côté, le ministère de l’Intérieur de Gaza a suggéré que des membres armés de certaines familles locales auraient pénétré dans l’hôpital, sans toutefois fournir de noms précis, tout en promettant des poursuites judiciaires contre toute présence armée dans les enceintes médicales.

Ce retrait intervient dans un contexte de pression accrue sur les ONG internationales. Israël a récemment ordonné à plusieurs organisations, dont MSF, de cesser leurs activités si elles ne transmettaient pas les détails concernant leur personnel. Une exigence rejetée par Médecins Sans Frontières, faute de garanties de sécurité suffisantes pour ses équipes, alors que le système de santé de l’enclave est déjà largement détruit.

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