Friedrich Merz et Emmanuel Macron ouvrent le sommet de Munich après la menace d’annexion d’un territoire de l’OTAN par Washington

La capitale bavaroise se transforme ce vendredi en épicentre de la diplomatie mondiale, mais l’ambiance dans les couloirs de l’hôtel Bayerischer Hof s’annonce radicalement différente des éditions précédentes. Alors que le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron s’apprêtent à inaugurer la Conférence de sécurité de Munich (MSC), l’attention des soixante chefs d’État et de gouvernement présents se porte moins sur l’agenda officiel que sur les turbulences venues d’outre-Atlantique. Au cœur des préoccupations : une remise en cause inédite des équilibres géopolitiques par l’allié américain.

Le programme officiel prévoit une ouverture des débats par le chancelier Friedrich Merz à 13h45 (heure locale), suivie en fin de journée, à 19h00, par l’intervention du président Emmanuel Macron. Ces prises de parole sont encadrées par un dispositif de sécurité exceptionnel mobilisant près de 5 000 policiers dans la ville du sud de l’Allemagne. D’autres figures majeures de la diplomatie européenne, dont la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas, le président finlandais Alexander Stubb et la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper, interviendront également au fil de la journée.

Si la guerre menée par la Russie en Ukraine et le conflit à Gaza figurent en bonne place dans les discussions, c’est l’état de la relation transatlantique qui monopolise les esprits. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les liens entre l’Europe et les États-Unis subissent une pression immense depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche l’année dernière. Les tensions ont franchi un nouveau cap le mois dernier lorsque le président américain a intensifié ses menaces d’annexion du Groenland, territoire autonome du Danemark, pourtant allié de l’OTAN. Cette posture a provoqué une levée de boucliers concertée des nations européennes, obligeant le Vieux Continent à marquer son territoire face à Washington.

La délégation américaine à Munich est conduite par le secrétaire d’État Marco Rubio. Bien que considéré comme une figure plus diplomatique que le vice-président J.D. Vance — dont les critiques sur l’immigration et la liberté d’expression avaient marqué l’édition précédente —, Marco Rubio a tenu des propos sans équivoque avant son départ pour l’Allemagne. « Le vieux monde a disparu, franchement, le monde dans lequel j’ai grandi, et nous vivons une nouvelle ère géopolitique », a-t-il déclaré, appelant à un réexamen du rôle de chacun.

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, arrivé vendredi, doit s’exprimer samedi. Il profitera de ce rassemblement pour s’entretenir avec Friedrich Merz et Marco Rubio, avant la reprise prévue la semaine prochaine des négociations avec la Russie sous l’égide des États-Unis. James Bays, correspondant d’Al Jazeera à Munich, note que l’atmosphère tranche nettement avec le passé, où cet événement célébrait traditionnellement la solidité de l’alliance transatlantique.

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