Le conflit qui secoue le Moyen-Orient vient de toucher une artère énergétique vitale. L’Irak se retrouve directement impacté par la récente escalade militaire ayant visé les infrastructures de son voisin iranien.
Le ministère irakien de l’Électricité a annoncé, mercredi, l’arrêt total des flux de gaz en provenance d’Iran. Selon l’agence Anadolu, cette interruption brutale fait suite à des attaques de missiles ayant ciblé plusieurs installations du champ gazier de South Pars, situé dans la zone d’Assaluyeh, sur la côte sud du Golfe. Ce gisement, partagé avec le Qatar, est le plus grand réservoir de gaz naturel au monde.
Ahmad Moussa, porte-parole du ministère, a précisé que cette coupure a entraîné la mise hors ligne d’environ 3 100 mégawatts en l’espace d’une heure. Face à ce déficit massif affectant le système électrique national, les autorités irakiennes ont sollicité une coordination d’urgence avec le ministère du Pétrole afin de compenser cette perte par l’utilisation de carburants alternatifs et de gaz domestique.
Cette situation met en lumière la forte dépendance énergétique de Bagdad. En temps normal, Téhéran fournit à l’Irak 50 millions de mètres cubes de gaz par jour. Ce volume couvre environ un tiers des besoins nationaux et permet de générer 6 000 mégawatts d’électricité au quotidien, une capacité particulièrement essentielle pour le fonctionnement des centrales du sud du pays.
L’incident s’inscrit dans le cadre de la guerre en cours depuis le 28 février, opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Cette offensive conjointe a déjà fait environ 1 300 morts côté iranien, dont l’ancien guide suprême Ali Khamenei. Les frappes de représailles de Téhéran, visant notamment plusieurs pays de la région abritant des installations militaires américaines, continuent de perturber les marchés mondiaux et font craindre des dégâts économiques majeurs sur les infrastructures énergétiques du Moyen-Orient.