Frappes iraniennes aux Émirats et à Bahreïn : 4 à 9 % de l’approvisionnement mondial de ce métal stratégique menacé

L’escalade militaire au Moyen-Orient franchit un nouveau cap. Dans la nuit de samedi à dimanche, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d’Iran a revendiqué une série d’attaques aux missiles et aux drones ciblant des infrastructures industrielles précises dans les pays du Golfe, particulièrement aux Émirats arabes unis et à Bahreïn.

Les frappes ont spécifiquement visé des installations de production d’aluminium. À Bahreïn, la société Aluminium Bahrain (Alba) a signalé deux employés blessés lors de l’attaque de son usine. Du côté des Émirats arabes unis, l’entreprise Emirates Global Aluminium (EGA) a confirmé qu’un de ses sites situés à Abou Dhabi a subi des dégâts matériels importants, faisant six blessés.

Dans un communiqué diffusé par la chaîne d’État iranienne IRIB, le CGRI a justifié ces opérations en affirmant que les sites ciblés étaient liés à l’armée américaine. Ces tirs sont présentés comme une riposte directe à une récente attaque américano-israélienne contre des infrastructures industrielles iraniennes, qui aurait été lancée depuis des bases abritant des forces américaines dans les pays du Golfe.

Les conséquences de ces frappes dépassent le cadre régional. Selon les précisions apportées par la chaîne Al Jazeera, la région concentre entre 4 et 9 % de l’approvisionnement mondial en aluminium. Cette série d’attaques fait peser une menace directe sur la chaîne d’approvisionnement globale de cette ressource.

La tension s’est également propagée au reste de la péninsule arabique au cours du week-end. À Oman, un travailleur a été blessé samedi lors d’une attaque au drone sur le port de Salalah, poussant le groupe maritime danois Maersk à suspendre temporairement ses opérations sur place. Le ministère omanais des Affaires étrangères a condamné cette frappe, précisant qu’elle n’avait pas été revendiquée et que les autorités enquêtaient sur son origine.

En parallèle, le ministère saoudien de la Défense a annoncé l’interception et la destruction de dix drones au cours des dernières heures, sans préciser les zones exactes de ces incidents. Le Koweït a de son côté activé ses sirènes d’alerte à deux reprises avant que sa Garde nationale n’abatte quatre drones.

Cette multiplication des fronts s’inscrit dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient déclenchée fin février, les affrontements impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran entrant dans leur cinquième semaine. Le correspondant d’Al Jazeera souligne que le rythme actuel des représailles iraniennes laisse présager une intensification continue des hostilités impliquant l’ensemble des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

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