Quelques heures seulement après l’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, la situation sécuritaire a basculé au Moyen-Orient. Mercredi, une vaste offensive militaire israélienne a visé le territoire libanais, déclenchant une série de réactions diplomatiques et économiques immédiates.
L’armée israélienne a mené plus de 100 frappes en l’espace d’une dizaine de minutes. Ces opérations ont ciblé la capitale Beyrouth, le sud du Liban et la plaine orientale de la Bekaa. Le bilan s’élève à au moins 254 personnes tuées, dont 91 uniquement à Beyrouth. Les autorités israéliennes justifient cette intervention en affirmant avoir visé des positions du Hezbollah. Elles soutiennent également que le Liban ne fait pas partie de l’accord de trêve négocié récemment.
Cette lecture du périmètre de l’accord est formellement démentie par le Pakistan, médiateur du cessez-le-feu, qui a précisé que le Liban y était bien inclus. L’offensive a fait l’objet de condamnations de la part de l’ONU, de la France, de l’Espagne et du Royaume-Uni. À l’inverse, le président américain Donald Trump a pris la défense d’Israël en qualifiant ces violences d’« escarmouche séparée ».
Sur le plan géopolitique, les conséquences de ces frappes se sont matérialisées rapidement. Les médias d’État iraniens ont indiqué que Téhéran envisageait de se retirer de la trêve. En parallèle, le gouvernement iranien a officiellement réimposé son blocus sur le détroit d’Ormuz, un axe stratégique pour le commerce mondial. L’accord initial prévoyait que l’Iran maintienne son stock nucléaire et perçoive des taxes sur le trafic transitant par ce détroit, en échange d’allègements de sanctions annoncés par Donald Trump.
Notre rédaction note que la chaîne Al Jazeera a recueilli les analyses d’anciens responsables et de figures de l’opposition israélienne, qui pointent des enjeux de politique intérieure. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu se trouve sous une forte pression depuis la signature de cet accord irano-américain, conclu sans l’implication active d’Israël. Les objectifs de guerre initiaux fixés par son cabinet n’ayant pas été atteints, les critiques se sont multipliées.
Yair Lapid, chef de file de l’opposition, a accusé le gouvernement d’avoir transformé le pays en un État sous protectorat, tandis que Yair Golan a dénoncé l’un des échecs stratégiques les plus graves de l’histoire d’Israël. Aida Touma Sliman, membre de la Knesset, a précisé à Al Jazeera que cette offensive s’inscrit dans un calendrier électoral précis. Selon elle, face à une chute dans les sondages à l’approche des élections d’octobre, Benjamin Netanyahu a délibérément cherché à faire échouer le cessez-le-feu pour revendiquer une victoire militaire, menant ce qu’elle décrit comme un massacre au Liban.