La 40e édition du Rassemblement annuel des Musulmans de France (RAMF), prévue au Parc des expositions du Bourget, fait face à un obstacle de dernière minute. Programmée du 3 au 6 avril, la rencontre a été interdite par les autorités, entraînant une saisine immédiate de la justice par les organisateurs.
L’agence de presse Anadolu indique que la Préfecture de Police de Paris a officiellement notifié cette interdiction à la fédération Musulmans de France le 1er avril, à 21 heures. L’arrêté préfectoral s’appuie sur le contexte international, jugé sensible, et évoque un risque d’attentat qui exposerait les participants à une menace sécuritaire.
Cet argument est directement contesté par les promoteurs de l’événement. Leur avocat, Maître Sefen Guez Guez, dénonce un motif « de pure forme » et souligne le caractère tardif de la mesure, intervenue à la veille du rassemblement malgré plusieurs mois de préparation. Sur le plan politique, la décision a fait réagir la députée et présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot. Dans un message publié sur le réseau social X, l’élue a qualifié l’interdiction de « scandaleuse », pointant une incapacité de l’État à garantir la sécurité d’un événement de cette ampleur.
Pour contrer cet arrêté, une procédure d’urgence a été initiée. Un référé liberté a été déposé devant le Tribunal administratif de Paris. Une audience a été fixée au vendredi 3 avril à 9 heures, soit six heures seulement avant l’ouverture officielle des portes prévue à 15 heures. Dans l’attente de la décision judiciaire, les organisateurs ont maintenu les préparatifs sur le site du Bourget.
La Rencontre des musulmans de France rassemble habituellement plusieurs dizaines de milliers de participants autour de conférences, d’expositions et de stands commerciaux. Cette édition est particulièrement attendue par la communauté, le salon n’ayant pas pu se tenir en format physique depuis l’année 2019.