En déplacement en Seine-Saint-Denis pour détailler les orientations du budget 2026, le Premier ministre français a posé les jalons d’une stratégie offensive face à la pénurie d’habitations. Sébastien Lecornu a profité de cette visite de terrain pour dévoiler une feuille de route ambitieuse, articulée autour d’une cible quantitative précise pour la fin de la décennie.
L’exécutif français entend changer d’échelle. Lors d’un point presse tenu à Rosny-sous-Bois, le chef du gouvernement a annoncé un objectif de construction de 2 millions de logements d’ici à 2030. Ce rythme correspondrait à une production annuelle de 400 000 unités. Conscient de l’ampleur de la tâche, Sébastien Lecornu a qualifié ce défi d’« absolument colossal », précisant que son équipe et la profession seraient « surveillés » sur leur capacité à atteindre ce résultat.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte d’urgence nationale. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le Premier ministre considère que la crise du logement ne peut attendre « le grand débat de la présidentielle de 2027 ». Le plan de relance, présenté comme l’un des plus radicaux de la décennie, vise à dynamiser simultanément la construction neuve et la rénovation. Pour y parvenir, le gouvernement compte appliquer une méthodologie inspirée de deux réussites logistiques récentes : les chantiers de reconstruction de Notre-Dame de Paris et l’organisation des Jeux olympiques.
Pour soutenir cette accélération, plusieurs leviers financiers et administratifs ont été présentés. Le budget 2026 intégrera un soutien financier destiné aux bailleurs sociaux, tandis que l’épargne des ménages devrait être mobilisée pour favoriser l’investissement locatif. L’exécutif promet également une simplification des procédures pour les projets immobiliers, en concertation avec les élus locaux.
Au cœur de ce dispositif, une réforme fiscale majeure se dessine pour les particuliers. Un nouveau mécanisme d’investissement locatif, vocation à remplacer le dispositif Pinel, a été évoqué. Susceptible d’être baptisé « Vincent Jeanbrun », ce dispositif se veut une version renforcée du statut du bailleur privé. D’après les estimations du ministère du Logement, cette mesure pourrait générer la construction de près de 50 000 logements supplémentaires par an et apporter plus de 500 millions d’euros de recettes fiscales.