L’enquête sur la mort violente de Quentin Deranque, survenue à Lyon en marge d’une conférence politique, a connu une accélération majeure ce mardi. Les investigations menées par les services de police ont conduit à une série d’interpellations qui touchent désormais la sphère politique nationale, impliquant un collaborateur parlementaire et provoquant une réaction immédiate de son employeur à l’Assemblée nationale.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, neuf personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de l’information judiciaire ouverte pour « homicide volontaire ». Parmi les suspects figure Jacques-Elie Favrot, identifié comme assistant parlementaire du député de La France insoumise (LFI), Raphaël Arnault. Ces arrestations visent à élucider les circonstances du décès du militant identitaire de 23 ans, mort samedi des suites d’un « traumatisme crânio-encéphalique majeur » après une violente agression.
**Une rupture de contrat anticipée par le député**
La mise en cause de ce collaborateur a entraîné une décision administrative rapide de la part du député Raphaël Arnault. L’élu a confirmé sur le réseau social X avoir initié la procédure de licenciement avant même l’interpellation de son assistant par les forces de l’ordre. « Dès hier, avant d’apprendre son interpellation ce soir, nous avons engagé auprès des services de l’Assemblée les procédures pour mettre fin à son contrat », a précisé le parlementaire, assurant que l’intéressé avait déjà « cessé toutes ses activités parlementaires ».
Cette mesure fait écho à une décision institutionnelle prise dès lundi. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, avait suspendu « à titre conservatoire » le badge d’accès de Jacques-Elie Favrot, jugeant que sa présence dans l’enceinte du Palais-Bourbon était susceptible de causer un « trouble à l’ordre public ».
**Le déroulé d’une soirée tragique**
Les faits remontent à une altercation survenue en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à l’Institut d’études politiques de Lyon. Le collectif Némésis, auquel appartenait la victime, organisait une action de protestation à l’extérieur de l’établissement. D’après le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, le groupe a été « pris à partie violemment par une vingtaine d’individus masqués et cagoulés ».
Isolé du reste de son groupe, Quentin Deranque a été jeté au sol et frappé par « au moins six individus ». Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié cet acte de « lynchage à coup sûr ». Alors que le collectif Némésis accusait nommément Jacques-Elie Favrot d’avoir pris part à l’agression, ce dernier contestait jusqu’ici les faits. Les auditions en cours devront déterminer le degré d’implication de chaque suspect dans ce dossier.