Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a officiellement instruit le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, de préparer l’organisation technique d’éventuelles élections législatives anticipées. Ce scrutin, envisagé pour les 15 et 22 mars prochains, deviendrait une réalité en cas de chute du gouvernement, actuellement menacé par des motions de censure.
Face à la pression exercée conjointement par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN), l’exécutif anticipe une possible rupture politique. Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, l’adoption d’une motion de censure à l’Assemblée nationale entraînerait inévitablement la dissolution de la chambre basse. Le président Emmanuel Macron et le chef du gouvernement s’accordent sur cette issue, considérant que la censure mène mécaniquement au retour aux urnes. Laurent Nunez doit ainsi organiser la logistique pour une tenue simultanée des législatives et des élections municipales, déjà prévues aux mêmes dates en 2026.
Le catalyseur de cette crise institutionnelle réside principalement dans le dossier de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. La tension est palpable, d’autant plus que la validation de l’accord UE-Mercosur a poussé le gouvernement à débloquer des fonds et annoncer des mesures pour tenter de calmer la colère, notamment celle du secteur agricole. Malgré ces efforts, les oppositions jugent la posture française insuffisante, le RN dénonçant une mise en scène tardive et LFI pointant un bilan désastreux. La survie du gouvernement dépend désormais du vote à l’Assemblée, où une majorité absolue de 289 voix est requise pour la censure.