Une nouvelle mobilisation d’agriculteurs a eu lieu ce jeudi 15 janvier à Dijon, dans l’est de la France, pour marquer une opposition ferme au traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. Les manifestants ont ciblé des bâtiments publics à quelques jours de la signature potentielle de cet accord commercial controversé.
Devant des édifices placés sous surveillance policière, des tracteurs ont déversé du fumier, des pneus et de la paille pour bloquer les accès. Selon l’agence Anadolu, des banderoles ont été déployées et des drapeaux syndicaux brandis lors de prises de parole dénonçant les dangers de ce pacte pour l’agriculture locale. Cette action s’inscrit dans une semaine de relance des protestations par les agriculteurs français, qui redoutent une exposition à une concurrence qu’ils jugent déloyale.
La tension monte alors que Bruxelles s’apprête à officialiser ce samedi l’accord avec le bloc sud-américain comprenant l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. Ce dossier, en négociation depuis plus de vingt ans, a connu de multiples retards en raison de l’opposition de pays comme la France, l’Irlande ou la Pologne. Récemment, Ursula von der Leyen force le passage pour une signature ce samedi malgré la colère de la France, accentuant le bras de fer entre la Commission européenne et les États membres réticents.
Le texte prévoit la réduction des droits de douane sur plusieurs produits agricoles importés, notamment le bœuf, la volaille, le sucre et l’éthanol. En contrepartie, les industries européennes obtiendraient un accès élargi aux marchés sud-américains, un équilibre commercial que les syndicats agricoles français rejettent catégoriquement.