Une opération d’envergure s’est déroulée en Méditerranée, aboutissant à l’immobilisation forcée d’un navire de commerce au large des côtes françaises. Dans un contexte de surveillance accrue des flux maritimes liés aux hydrocarbures russes, les autorités françaises, appuyées par leurs alliés, ont procédé à l’arraisonnement d’un pétrolier suspecté de violer les sanctions internationales.
Le navire, identifié sous le nom de « Grinch », est désormais maintenu à l’isolement dans le golfe de Fos, près de Marseille. Cette intervention, menée jeudi matin dans les eaux internationales de la mer d’Alboran, a mobilisé des moyens importants de la Marine nationale, incluant des commandos et un assaut héliporté pour sécuriser la passerelle. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le bâtiment a été escorté jusqu’aux côtes du sud de la France où il stationne actuellement à environ 500 mètres du rivage de Martigues, sous la surveillance étroite d’un bâtiment de guerre et de vedettes de la gendarmerie maritime.
La procédure judiciaire s’est accélérée ce dimanche avec la présentation du commandant du navire aux autorités compétentes. De nationalité indienne, le capitaine a été inculpé par la justice française. Une enquête préliminaire a été ouverte, notamment pour défaut de pavillon, le navire étant soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » russe. Cette nébuleuse de navires est utilisée pour exporter du pétrole en contournant les restrictions imposées par les pays occidentaux.
Les investigations se poursuivent désormais à quai. La préfecture maritime de la Méditerranée a instauré des zones d’exclusion nautique et aérienne autour du mouillage pour garantir la sécurité des opérations de contrôle. Le « Grinch », un mastodonte de 249 mètres, était déjà dans le viseur des chancelleries occidentales : il figure sur la liste des bâtiments sanctionnés par le Royaume-Uni sous son nom actuel, et sous l’appellation « Carl » sur les listes noires de l’Union européenne et des États-Unis. Selon les estimations européennes, près de 600 navires composeraient cette flotte parallèle.
Cet arraisonnement marque la deuxième opération de ce type réalisée par la France en quelques mois. Fin septembre, le pétrolier « Boracay », lui aussi ciblé par les sanctions européennes, avait été intercepté dans l’Atlantique et dérouté vers Saint-Nazaire. Son commandant chinois doit d’ailleurs répondre de « refus d’obtempérer » devant le tribunal de Brest fin février.