C’est un constat alarmant dressé par les autorités françaises : il faut actuellement huit années pour juger un crime de sang et six ans pour un viol. Pour mettre fin à cette lenteur administrative qui paralyse l’institution, le gouvernement s’apprête à introduire une réforme structurelle majeure, incluant un dispositif juridique directement inspiré de la lutte antimafia.
Intervenant sur les ondes de Franceinfo, Gérald Darmanin a dévoilé les contours de cette réforme pénale dont l’ambition affichée est de diviser par deux les délais de jugement. Le garde des Sceaux présentera dès lundi prochain au Conseil d’État une loi composée de sept articles, spécifiquement conçue pour réorganiser la justice criminelle. Cette refonte procédurale s’accompagnera d’un renforcement des effectifs, avec la création confirmée de 1 600 postes au sein du ministère de la Justice pour l’année en cours.
Au-delà de l’accélération des procédures, le ministre a confirmé l’activation prochaine d’un levier inédit en France pour lutter contre la criminalité organisée : le statut de « repenti à l’italienne ». Ce dispositif, issu de la « loi narcotrafic » votée l’an dernier, doit entrer en vigueur avant le 1er juin. Selon les précisions fournies par l’agence Anadolu, ce statut « extrêmement encadré » offrira une protection aux auteurs de crimes graves ainsi qu’à leurs proches, en échange d’une collaboration active avec la justice.
Pour Gérald Darmanin, cette mesure répond à une nécessité opérationnelle face au manque récurrent de preuves d’accusation dans les dossiers de grand banditisme. « Il n’est pas normal d’avoir plus peur des criminels que de la justice », a martelé le ministre, révélant par ailleurs que plusieurs détenus ont déjà manifesté par écrit leur volonté de collaborer sous ce nouveau régime.