Le président français s’est exprimé depuis Anvers, en Belgique, à l’occasion du Sommet européen de l’Industrie. Dans une intervention visant à réveiller les ambitions du Vieux Continent face à la concurrence internationale, Emmanuel Macron a utilisé l’exemple emblématique du milliardaire américain pour illustrer le décalage stratégique entre les deux rives de l’Atlantique. Loin de l’image de l’entrepreneur s’étant construit seul face au marché, le chef de l’État a mis en lumière le levier étatique massif qui soutient l’empire Musk.
**Une réussite sous perfusion publique**
Pour Emmanuel Macron, la performance technologique ne doit pas masquer la réalité économique. Selon les propos rapportés par l’agence Anadolu, le président français a tenu à rectifier la perception du modèle américain en prenant directement pour cible le patron de Tesla et SpaceX. « Soyons clairs : M. Musk est probablement l’un des hommes qui se promène avec le plus de milliards de dollars d’argent public américain dans la poche », a-t-il déclaré.
Le constat présidentiel est sans équivoque : bien que qualifié d’« extrêmement innovant », Elon Musk est décrit avant tout comme un homme « excessivement subventionné par les agences fédérales américaines ». Cette déclaration vise à démontrer que le libéralisme américain s’appuie en réalité sur un investissement public massif, contrairement à une Europe que Macron juge encore trop « naïve » dans sa volonté de respecter des règles de concurrence strictes sans protéger ses propres producteurs.
**L’urgence d’une souveraineté européenne**
Ce diagnostic sert de base à un plaidoyer pour une révision complète de la stratégie industrielle européenne. Face à des États-Unis devenus « imprévisibles » et une Chine au régime autoritaire assumé, l’Europe risque, selon le président français, de devenir un simple « marché d’ajustement » pour ses compétiteurs si elle ne réagit pas.
Emmanuel Macron appelle les Européens à investir massivement dans des secteurs clés tels que les minerais critiques, la défense, la sécurité spatiale, l’intelligence artificielle et le quantique. Pour financer ces ambitions, il a évoqué la possibilité d’un mécanisme d’endettement commun, jugeant « insensé » de continuer à financer des solutions extérieures alors que l’Europe accuse un retard d’investissement face aux puissances concurrentes.
Dans un message publié sur le réseau social X, propriété d’Elon Musk, le président français a résumé sa doctrine par le triptyque « Plus vite. Plus fort. Plus européen », insistant sur la nécessité de simplifier les normes et d’assumer une préférence pour le « made in Europe ».