France : distancé dans les sondages, ce maire sortant opère un virage inattendu sur le dossier palestinien

À quelques jours du premier tour des élections municipales en France, le climat politique se crispe dans le sud du pays. Face à des intentions de vote défavorables, une figure politique de premier plan tente de redéfinir son positionnement sur une question internationale majeure, suscitant de vives réactions au sein de l’opposition.

Le maire sortant de Nice, Christian Estrosi (Horizons), a organisé samedi une réunion publique dans le quartier populaire des Moulins. Lors de cette rencontre, captée dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, l’édile a exprimé des regrets concernant sa gestion du conflit israélo-palestinien. Selon l’agence Anadolu, il a reconnu avoir « pu commettre des erreurs » et admis que « certaines décisions ou prises de position ont pu susciter des incompréhensions ou blesser ».

Intervenant également lors d’un reportage télévisé, Christian Estrosi a concédé avoir « manqué d’impartialité ». Évoquant la situation à Gaza, il a déclaré comprendre que les atteintes aux populations civiles puissent « blesser une partie d’une communauté », affirmant désormais vouloir « rassembler » et « apaiser » les tensions.

Ces déclarations marquent une rupture nette avec ses précédentes prises de position. En 2023, la mairie de Nice avait affiché un soutien appuyé à Israël, illustré par le déploiement de nombreux drapeaux israéliens sur l’Hôtel de Ville. L’élu avait également engagé des poursuites judiciaires systématiques contre les manifestants pro-palestiniens.

Ce changement de cap a provoqué une réaction immédiate de la députée de La France Insoumise (LFI), Alma Dufour. L’élue a dénoncé un retournement de situation à quatre jours du scrutin, accusant le maire sortant d’instrumentaliser le conflit. Sur les réseaux sociaux, de nombreux observateurs pointent une démarche électoraliste visant à capter l’électorat des quartiers populaires.

Cette séquence intervient dans un contexte électoral particulièrement difficile pour Christian Estrosi. À l’approche du premier tour prévu le 15 mars, les enquêtes d’opinion le placent en deuxième position avec 27 à 32 % des intentions de vote. Il est largement devancé par son ancien allié Éric Ciotti (UDR, allié au RN), crédité de 38 à 45 %. Les listes de gauche cumulent quant à elles environ 23 % des voix.

En parallèle de ces difficultés électorales, l’équipe municipale sortante fait face à des développements judiciaires inattendus. L’enquête sur la découverte d’une tête de porc devant la résidence du maire le 27 février dernier, initialement qualifiée d’acte antisémite, a connu un tournant. Cette semaine, un proche du couple Estrosi et un ancien agent des renseignements ont été placés en garde à vue, orientant les investigations vers une possible manipulation interne.

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