France : Au cœur de la contestation contre l’accord Mercosur, la tournure violente prise par le face-à-face entre gendarmes et agriculteurs à Toulouse

Ce mardi, la ville de Toulouse a été le théâtre d’une nouvelle montée de fièvre dans la crise agricole qui secoue l’Hexagone. Alors que la mobilisation visait à dénoncer le traité de libre-échange avec le Mercosur, le dispositif de maintien de l’ordre déployé pour contenir les manifestants a donné lieu à des scènes d’affrontement physique direct, marquant un durcissement visible de la réponse étatique.

Une centaine de manifestants ont tenté d’accéder au centre-ville toulousain dans la matinée. Leur progression a été stoppée par un cordon de gendarmes et de CRS, transformant rapidement le face-à-face en une altercation violente. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, l’intervention des forces de l’ordre s’est soldée par plusieurs blessés parmi les agriculteurs, une situation confirmée par les pompiers cités par Sud Radio.

Les témoignages visuels diffusés sur les réseaux sociaux, notamment par le groupe « Résistance paysanne » sur la plateforme X, montrent l’intensité de la répression. Des séquences vidéo exposent des gendarmes faisant usage de matraques contre les manifestants et utilisant des gaz lacrymogènes. L’une des vidéos montre un agriculteur blessé saignant au niveau du crâne. Le groupe de contestation dénonce un changement de doctrine, affirmant que les forces de l’ordre « viennent de franchir un cap » et évoque une trahison définitive envers la paysannerie française.

Ces tensions surviennent dans un contexte de contestation persistante contre l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Les agriculteurs craignent que ce traité ne fragilise davantage leur secteur en facilitant l’importation de produits sud-américains soumis à des normes environnementales et sanitaires jugées moins strictes. La gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) figure également parmi les griefs des manifestants.

Cette gestion musclée du maintien de l’ordre ne passe pas inaperçue au niveau international. Dès lundi 26 janvier, des experts des Nations unies ont fait part de leur inquiétude concernant le traitement judiciaire réservé au mouvement agricole en France. Faisant référence à l’interpellation de 52 personnes lors de manifestations à Paris en janvier, les experts onusiens se disent « alarmés » par une tendance à la criminalisation des activités syndicales pacifiques. Ils qualifient ces arrestations pour des actes de désobéissance civile de « signal inquiétant » pour l’exercice des libertés fondamentales.

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