Alors que l’échéance présidentielle de 2027 se profile, une série de mouvements au sommet de l’administration française attire l’attention des observateurs. L’exécutif semble accélérer le calendrier des nominations à la tête d’organes de contrôle et de juridictions stratégiques. Ces changements, marqués par des départs anticipés et des promotions de profils jugés proches du pouvoir, soulèvent des interrogations sur une éventuelle volonté de pérenniser une influence politique au-delà du mandat actuel d’Emmanuel Macron.
Cette dynamique de renouvellement des cadres dirigeants concerne des institutions vitales pour le fonctionnement de l’État. L’objectif apparent, selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, serait de sécuriser des postes clés de la haute administration publique avant une potentielle alternance politique.
Une vacance anticipée à la Banque de France
Le mouvement le plus significatif vient d’être acté par François Villeroy de Galhau. Le gouverneur de la Banque de France a fait savoir qu’il quitterait ses fonctions en juin prochain. Ce départ intervient un an avant le terme légal de son mandat, initialement prévu pour juin 2027. Cette décision permet à l’exécutif actuel de procéder à la nomination de son successeur pour un mandat de longue durée, évitant ainsi de laisser ce choix au futur locataire de l’Élysée.
La Cour des comptes et le Conseil constitutionnel en ligne de mire
D’autres institutions régaliennes font l’objet de manœuvres similaires. La Cour des comptes, sans président depuis le départ de Pierre Moscovici vers la Cour des comptes européenne en début d’année, pourrait voir arriver à sa tête Amélie de Montchalin. Actuelle ministre des Comptes publics, cette fidèle du président, âgée de 40 ans, est pressentie pour diriger cette juridiction financière redoutée pour ses rapports sur la gestion publique.
Le Conseil constitutionnel n’est pas en reste. Richard Ferrand, figure centrale de la majorité présidentielle, y a été nommé en février 2025 pour un mandat de neuf ans, courant jusqu’en 2034. Cette nomination installe durablement un proche du chef de l’État au sein de l’instance chargée de vérifier la conformité des lois.
Renouvellement au Conseil d’État
La vague de changements touche également la plus haute juridiction administrative. Didier-Roland Tabuteau, vice-président du Conseil d’État, doit faire valoir ses droits à la retraite le 21 mai prochain, conformément à un décret publié fin janvier. Pour lui succéder, le nom de Marc Guillaume, actuel préfet d’Île-de-France et ancien secrétaire général du gouvernement, circule avec insistance.
Ces nominations concernent des mandats longs qui s’étendront bien au-delà de 2027. Si l’exécutif invoque le principe de continuité de l’État pour justifier ces mouvements, la concomitance de ces décisions à l’approche de la présidentielle alimente les soupçons d’un verrouillage institutionnel visant à maintenir une emprise sur les leviers de l’État, quel que soit le résultat du futur scrutin.