Les rideaux sont tombés sur la 35ème coupe d’Afrique des nations de football organisée au Maroc par un deuxième sacre des lions du Sénégal après celui de 2021 au terme d’une finale crânement disputée. Elle aura été un événement fondateur de l’unité des cœurs et des esprits au niveau national et d’intégration au niveau africain.
Par delà les faits de jeux, les émotions et le stress, suivis d’une joie immense des sénégalais, cette belle soirée de football que fut la finale de la CAN a laissé transparaître un enjeu d’unité nationale exceptionnelle derrière l’équipe du Sénégal. Les sénégalais se sont mobilisés comme un seul homme, toute appartenance ethnique, religieuse, politique ou socioculturelle mise entre parenthèse, pour pousser ensemble les lions vers la victoire finale et partager cette belle fête du football. Seul le sport est capable de créer une telle unité des esprits et des cœurs dans un Sénégal profondément divisé depuis un bon moment, autant dans les familles, dans le champs social, politique qu’au sommet de l’Etat. La finale de la 35ème CAN a également laissé transparaître un enjeu d’intégration et de communion des peuples d’horizons divers autour de l’équipe fanion de l’Afrique de l’ouest qu’est devenue l’équipe nationale du Sénégal depuis sa qualification en finale. Cette unité des esprits et des cœurs s’est propagée à travers toute l’Afrique et le monde entier et a été partagée avec d’autres nationalités africaines et étrangères qui supportaient le Sénégal précisément pour son beau football, mais surtout, pour les valeurs communes de courage, de discipline, d’abnégation, de constance, d’humilité, d’esprit d’équipe, entre autres valeurs que dégagent les lions du Sénégal et qui font la fierté de toute une nation.
Au niveau national, l’image du Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye et son épouse en train de supporter l’équipe nationale ensemble dans une même pièce avec le Premier Ministre Ousmane Sonko, deux personnalités de l’Etat que tout le monde disait qu’elles étaient sur un point de non retour de séparation à cause de leurs divergences politiques, est une image pleine de symbole. Elle suggère que si les deux sommets de l’exécutif peuvent ensemble regarder un match de football, se mettre ensemble pour pousser les lions à la victoire pour l’intérêt national, cela voudra dire qu’au nom de ce même intérêt national, ils doivent pouvoir taire leurs différents et mener ensemble le Sénégal à bon port. On peut en dire autant dans les familles que l’appartenance politique a fini de diviser et dans le champs politique où les divergences politiques et les différences dans les choix des uns et des autres ne doivent pas prendre le dessus sur l’intérêt national. La messe est dite, c’est dans l’unité que se gagnent tous les grands combats. Absolument rien, ni la diversité de provenance géographique des joueurs, ni leur diversité culturelle, ethnique, religieuse ou religieuse ne peuvent faire obstacle à cette unité. Et c’est cette diversité, synonyme de richesse et de respect mutuel qui fait la force du Sénégal et de son équipe nationale. Sans le savoir, les lions ont étalé à la face du monde toutes les valeurs morales et culturelles partagées avec nos frères africains de bravoure, de foi, de témérité, de dignité dans l’épreuve, de respect des anciens, de générosité dans l’effort et d’humilité, etc, qui forgent la nation sénégalaise. «On nous tue mais on ne nous déshonore pas». Cette devise de notre armée nationale a été parfaitement assimilée et incarnée à merveille par les lions du Sénégal devant une série d’injustices flagrantes dont ils ont été victimes, comme l’ont été d’autres équipes de la compétition. Leur attitude chevaleresque devant les démons du football et les pratiques aux antipodes des règles du jeu quand ils ont senti qu’ils sont en train de se faire voler leur victoire, a eu pour effet, de susciter une admiration continentale et d’ébranler les instances africaines et mondiales du football dans leur silence complice jusque dans leur dernier retranchement – la menace de sanctions. La victoire des lions du Sénégal renseigne que la justice divine existe. Personne ne peut arrêter la main de Dieu. C’est le caractère subliminal de cette victoire et en même temps, ce qui fait son charme. C’est précisément ce que Sadio Mané, ce grand monsieur et footballeur exceptionnel pétri d’une foi inébranlable a compris en faisant revenir sur la pelouse ses coéquipiers, dans un élan héroïque, pour livrer cette dernière bataille qui allait être couronnée de succès par la grâce de Dieu. Toute une leçon de vie!
L’équipe du Sénégal fait assurément la fierté de tout un continent à tout point de vue. Elle donne à voir ce que devrait être une équipe de foot performante : une équipe capable de résilience, de maturité, de patience, de sérénité en toute circonstance, de maîtrise du jeu, de cohésion, d’équilibre, de solidarité, de rigueur, de dextérité et d’utilisation optimale de son potentiel.
Cette édition 2025-2026 jouée au Maroc restera gravée dans les annales du foot africain et mondial. Elle aura permis aux différentes nations, aux différents peuples de se rencontrer, de fraterniser et de rivaliser de talents, de patriotisme, de créativité, de savoir faire sportif et culturel, et d’ardeur derrière leur équipe nationale.
Elle a montré la capacité d’intégration des peuples et des nations du sport. La ferveur exceptionnelle autour des lions au niveau africain lors de la finale de la CAN ne fait que renforcer l’intégration entre les peuples et fortifier l’intégration économique et culturelle entamée par nos différents États parce que lorsque les peuples se découvrent, s’apprécient et se respectent dans leur diversité, cela participe grandement à la stimulation des échanges culturels et commerciaux entre eux. Rien d’étonnant dans ces conditions de voir des Algériens, marocains, français, anglais, allemands, camerounais, congolais, maliens entre autres nationalités, supporter les lions du Sénégal!
Elle a aussi montré combien le sport est un puissant moyen de lutter contre le racisme, le tribalisme, et le clanisme. Seul le sport permet à des personnes de nationalités différentes, de religions différentes, d’ethnies différentes de communier, de s’embrasser. Il permet de gommer toutes ces différences et de semer la culture de la paix à travers le fair-play. C’est un don de Dieu qui ne doit en aucun cas être souillé par des tricheries et autres pratiques honteuses comme il nous a été donné l’occasion de voir. On pourrait dire, que si le sport n’existait pas, il fallait alors l’inventer.
La finale a certes mis en scène deux équipes adverses dans un match épique, mais en aucun cas, nous ne devrons perdre de vue que le Maroc et le Sénégal sont des pays frères aux relations fraternelles multiséculaires et que la rivalité entre les équipes aussi rude soit-elle, doit rester dans le cadre purement sportif.
Major Alpha Dia.
Ancien combattant de l’Uracvg de Ziguinchor