Dans sa stratégie d’asphyxie financière visant le Hezbollah, l’administration américaine ouvre un nouveau front économique. Au-delà des circuits bancaires classiques, le Trésor des États-Unis cible désormais une méthode de conversion d’actifs bien précise, utilisée selon Washington pour financer la reconstruction du groupe après les affrontements de 2024.
La pression s’accentue sur les flux financiers alimentant le Hezbollah au Liban. Alors que le groupe armé fait face à d’importants besoins de liquidités pour gérer les conséquences de la guerre avec Israël, Washington a identifié et sanctionné une nouvelle entité commerciale accusée de transformer des réserves matérielles en fonds utilisables.
Un mécanisme de conversion lié au cours de l’or
Selon les informations relayées par notre source Al Jazeera, le Département du Trésor américain a officiellement placé sur liste noire la société Jood SARL. Cette entreprise est accusée par l’administration du Président Donald Trump de servir de canal pour convertir les réserves d’or du Hezbollah en devises, profitant de la flambée historique du métal précieux dont le cours a récemment dépassé les 5 000 dollars l’once.
Le Secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a justifié cette décision en affirmant que son administration travaillerait à « couper ces terroristes du système financier mondial » afin de redonner au Liban une chance de stabilité. Ces sanctions impliquent le gel des avoirs de la société aux États-Unis et interdisent toute transaction avec des entités américaines.
Le lien avec Al-Qard al-Hassan
L’enquête financière américaine établit une connexion directe entre Jood SARL et Al-Qard al-Hassan (AQAH), l’institution financière liée au Hezbollah et déjà sous sanctions. D’après le Trésor, face aux difficultés rencontrées début 2025 pour sécuriser des financements, le Hezbollah aurait ordonné à l’AQAH de mettre en place un réseau de sociétés, dont Jood SARL, pour commercialiser de l’or au Liban et potentiellement à l’étranger.
Outre cette société, plusieurs individus et compagnies de transport maritime ont également été visés par ces nouvelles mesures restrictives, accusés de générer des revenus pour le compte de l’organisation.
Le contexte de la reconstruction et les tensions régionales
Ces sanctions interviennent dans un climat de forte instabilité. Le Hezbollah, qui rejette ces mesures punitives en arguant qu’elles aggravent la crise économique libanaise et touchent les civils, s’est engagé dans le financement de logements temporaires pour les familles sinistrées. Malgré le cessez-le-feu de novembre 2024, Al Jazeera rappelle que les destructions dans le sud du Liban sont massives, Israël empêchant selon la source le retour de dizaines de milliers de déplacés.
Le média note par ailleurs une asymétrie dans l’approche américaine : si Washington multiplie les sanctions contre les circuits financiers du Hezbollah, aucune pression similaire n’est exercée sur Israël concernant les violations du cessez-le-feu ou les obstacles à la reconstruction des villages libanais.