Face aux arriérés de salaire, la rémunération des confrères français citée par Mor Talla Gaye pour illustrer le malaise

Le décès de Georges Déthié Diop, figure respectée du groupe Futurs Médias, a suscité une vague d’émotion au sein de la corporation. Au-delà de l’hommage rendu à l’homme et à ses qualités professionnelles, cette disparition a servi de catalyseur à une réflexion plus large sur les conditions de vie des travailleurs des médias. Dans une tribune relayée par Emedia, le journaliste Mor Talla Gaye saisit ce moment de deuil pour poser un diagnostic sans complaisance sur la précarité qui mine le secteur, chiffres à l’appui.

Pour l’auteur du texte, Georges Déthié Diop incarnait une « minorité précieuse » attachée à la rigueur et à l’éthique, dans un paysage médiatique où ces valeurs tendent à se raréfier. Mor Talla Gaye décrit une génération de journalistes qui « investissent sans compter », souvent au détriment de leur santé et de leur équilibre familial, pour ne récolter qu’une reconnaissance posthume. Le cœur du propos vise le décalage entre l’exigence de qualité éditoriale et la réalité matérielle des rédactions, marquée par des salaires modestes et des versements irréguliers.

Pour illustrer ce fossé, le journaliste établit une comparaison financière directe avec l’Hexagone. Évoquant son expérience de coordination de la matinale, il souligne que pour un niveau d’engagement similaire, les présentateurs des grandes stations privées françaises (RTL, RMC, Europe 1) perçoivent des émoluments situés entre 30 000 et 35 000 euros mensuels, soit environ 20 à 23 millions de FCFA. Une réalité qui contraste brutalement avec le quotidien local où, selon ses termes, « les arriérés s’accumulent » et où « l’incertitude devient la norme ».

L’argumentaire s’appuie également sur le vécu opérationnel. Mor Talla Gaye rappelle les contraintes logistiques subies par les équipes, citant l’exemple de l’année 2018 où la coordination entre la TFM et la RFM imposait une présence en studio dès minuit pour une prise d’antenne à 6 heures du matin. Cette « tension créative », bien que source de fierté professionnelle, s’exerce dans un contexte de stress silencieux. Le texte invite in fine les patrons de presse et les décideurs à « honorer les vivants » en garantissant une dignité matérielle, plutôt que d’attendre les nécrologies pour célébrer le talent des professionnels de l’information.

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