Face à l’impossibilité de porter un projet positif, le sort radical scellé pour le site de Notre-Dame de Bétharram en France

C’est une décision lourde de sens qui vient d’être rendue publique concernant l’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram, situé dans les Pyrénées-Atlantiques, en France. Alors que l’institution tente de gérer les répercussions d’une affaire s’étalant sur plusieurs décennies, la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec) a communiqué sur l’avenir du site. Une annonce qui intervient dans un climat de tension judiciaire et médiatique persistant.

Interrogé ce jeudi sur RTL, Pierre-Vincent Guéret, président de la Fnogec, a indiqué que le site actuel « va fermer » d’ici « à l’été ». Cette mesure, bien que présentée comme une certitude opérationnelle, reste suspendue à une validation formelle par le Vatican, la congrégation des Pères de Bétharram étant sous tutelle romaine. Pour les responsables de l’enseignement catholique, le constat est sans appel : il n’est plus envisageable de « porter un projet positif » dans ces lieux chargés d’histoire sombre. L’objectif affiché est clair : « le symbole doit disparaître ».

**Une réorganisation logistique immédiate**

Concrètement, cette fermeture institutionnelle ne signifie pas la fin de la scolarisation pour les élèves. Selon les précisions apportées par Anadolu, les effectifs devraient être réaffectés à Igon, une commune voisine disposant déjà d’infrastructures scolaires liées à l’établissement. Cette solution vise à garantir le maintien des élèves et la préservation des emplois du personnel, bien que des « pourparlers » soient toujours en cours selon le père Laurent Bacho, membre de la congrégation.

**Le poids de décennies de violences**

Cette décision radicale trouve sa source dans une série de scandales de violences physiques et sexuelles couvrant la période de la fin des années 1950 aux années 2000. L’affaire a pris une ampleur considérable avec le recensement de plus de 200 plaintes, dont beaucoup pour des faits à caractère sexuel. En mars 2025, la congrégation avait fini par reconnaître sa « responsabilité » institutionnelle, ouvrant la voie à l’indemnisation des victimes.

**Des ramifications politiques**

Le dossier a également eu une résonance politique majeure en raison de la mise en cause de François Bayrou, maire de Pau et ancien ministre de l’Éducation nationale. Accusé par des collectifs d’avoir eu connaissance des faits à l’époque où ses enfants y étaient scolarisés et où son épouse y enseignait, l’homme politique a toujours démenti.

La justice, saisie via deux signalements, a classé les procédures sans suite en mars 2025, faute d’éléments établissant une infraction pénale, tout en laissant la porte ouverte en cas de faits nouveaux. Une commission d’enquête parlementaire a toutefois pointé un « défaut d’action » institutionnelle global, sans retenir de responsabilité pénale personnelle contre l’ancien ministre.

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