Face à l’hypothèse d’une action ciblée contre le Guide suprême iranien, la ligne rouge fixée par Paris

Invité à s’exprimer sur la gestion de la crise en Iran et les leviers dont dispose la communauté internationale, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères a tenu à clarifier la doctrine de Paris. Alors que la répression des manifestations suscite l’indignation, Jean-Noël Barrot a dû répondre à une interrogation précise concernant l’éventualité d’une intervention directe visant le sommet de l’État iranien.

Le chef de la diplomatie française, interrogé sur les antennes de TF1 LCI, a fait face à une question directe sur la légalité d’une action qui ciblerait l’ayatollah Ali Khamenei. Le parallèle a été explicitement tracé avec les méthodes d’extraction ou d’enlèvement évoquées ou tentées par le passé contre le président vénézuélien Nicolas Maduro. Face à cette hypothèse d’une opération visant la tête du régime, le ministre a évité de valider le scénario pour se replier sur les principes fondamentaux de la politique étrangère française.

Selon les informations rapportées par Anadolu, Jean-Noël Barrot a fermement écarté l’idée d’une ingérence armée. « La France ne provoque pas, depuis l’extérieur et par la force militaire, des changements de régime », a-t-il déclaré. Cette mise au point vise à dissocier la position de Paris de toute tentative de renversement imposé, une démarche que le ministre qualifie de contraire au droit international et potentiellement dangereuse pour la stabilité mondiale.

Si l’option militaire est exclue pour forcer une transition, la condamnation des violences commises par les autorités iraniennes reste totale. Réagissant aux images de la répression, Jean-Noël Barrot a affirmé que « ce sont des crimes qui ne resteront pas impunis », soulignant que l’opinion publique française a été profondément heurtée par ces exactions. Pour la diplomatie française, l’avenir de l’Iran doit relever du « droit des peuples à déterminer leur avenir ».

Cette prise de position intervient dans un contexte européen tendu vis-à-vis de Téhéran. L’Union européenne débat actuellement des mesures diplomatiques à adopter, ayant récemment classé les Gardiens de la Révolution islamique comme organisation terroriste et élargi le spectre des sanctions touchant les hauts responsables du régime.

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