Minneapolis est de nouveau plongée dans une atmosphère de crise sécuritaire et politique. Alors que l’administration américaine a déployé un important dispositif fédéral dans le cadre de sa politique migratoire, un nouvel incident mortel impliquant des agents frontaliers a eu lieu ce samedi. Cette intervention, survenue dans un climat déjà électrique, a provoqué une réaction d’une rare virulence de la part des autorités locales, remettant directement en cause la présence de ces forces sur le terrain.
Les faits se sont produits samedi, lorsque des agents fédéraux ont abattu une personne dans des circonstances encore floues, bien que le Département de la Sécurité intérieure (DHS) affirme que l’individu était armé d’un pistolet et résistait à son désarmement. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent un groupe d’agents des forces de l’ordre luttant au sol avec une personne avant que plusieurs coups de feu ne retentissent. Ce drame survient quelques semaines seulement après le déploiement massif d’agents de l’immigration (ICE) et d’autres forces fédérales dans la ville.
**La rupture entre l’État et le gouvernement fédéral**
C’est la réponse politique à cet événement qui marque un tournant dans la confrontation entre le Minnesota et Washington. Le gouverneur Tim Walz, après s’être entretenu avec la Maison Blanche, n’a pas utilisé de langage diplomatique pour qualifier la situation. Jugeant l’incident « écœurant », il a formulé une demande explicite et immédiate à l’administration centrale.
Dans une déclaration publique, le gouverneur a exigé le retrait pur et simple des forces fédérales déployées dans son État. « Le Minnesota en a assez. Le président doit mettre fin à cette opération. Retirez les milliers d’officiers violents et non formés du Minnesota. Maintenant », a-t-il écrit. Cette prise de position intervient alors que le président Donald Trump justifie ce déploiement par sa promesse de mener la plus grande opération d’expulsion de l’histoire du pays.
**Une série d’incidents meurtriers**
La colère des élus locaux, dont la sénatrice démocrate Amy Klobuchar qui a également sommé l’ICE de quitter l’État, s’explique par la récurrence des violences. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ce tir mortel n’est pas un cas isolé. Plus tôt ce mois-ci, une femme, Renee Nicole Good, a été tuée dans sa voiture par un agent de l’ICE. La semaine dernière, un ressortissant vénézuélien a également été blessé par balle par des agents fédéraux dans un incident distinct.
Sur le terrain, la tension est palpable. La ville de Minneapolis a exhorté les résidents à éviter la zone de l’incident, tandis que des manifestants se sont rassemblés près des lieux, bravant les gaz lacrymogènes. Heidi Zhou-Castro, correspondante à Washington, décrit la ville comme une « poudrière », ravivant les souvenirs des émeutes de 2020 après la mort de George Floyd. Vendredi déjà, des milliers de personnes avaient marché dans les rues et des centaines de commerces avaient fermé leurs portes pour dénoncer cette répression migratoire, illustrant le fossé grandissant entre les autorités fédérales et la population locale.