Dans une analyse incisive transmise à notre rédaction via IGFM, Moussa Niang dresse un constat sévère sur l’état du système éducatif sénégalais. Loin des débats partisans habituels, l’auteur décrit une mécanique qui, sous couvert de paix sociale, privilégierait le sommet de la pyramide scolaire au détriment de ses fondations, appelant à une réorientation drastique des ressources publiques.
Pour Moussa Niang, la crise que traverse l’école sénégalaise dépasse la simple conjoncture politique. Elle relève d’un dysfonctionnement structurel où l’État, en injectant 25 % du budget national, financerait paradoxalement un « système de production d’illusions ». Le cœur de son argumentation repose sur l’image d’une pyramide inversée : des ressources massives sont allouées au confort social des étudiants universitaires, alors que la base, constituée des élèves de 3 à 18 ans, est laissée pour compte.
Une université devenue « garderie sociale »
L’analyse pointe du doigt une réalité budgétaire déséquilibrée. Selon les données avancées, les dépenses engagées pour un seul étudiant — principalement absorbées par le logement, la restauration subventionnée et les bourses — équivaudraient au financement pédagogique de plus de 40 élèves du primaire. Cette disproportion transforme, selon l’auteur, les amphithéâtres en « garderies d’adultes » où la bourse ne récompense plus l’excellence, mais fait office de revenu de subsistance dans un contexte de chômage endémique.
Cette stratégie, qualifiée de calcul politique, viserait à satisfaire les revendications estudiantines pour garantir la stabilité de la capitale, sacrifiant par ricochet le développement scolaire dans les régions périphériques et la qualité de l’enseignement fondamental.
Le modèle asiatique comme contre-exemple
Pour étayer sa vision d’une « trahison créatrice », Moussa Niang convoque les exemples du Vietnam et de la Corée du Sud. Ces nations n’ont pas construit leur émergence en produisant massivement des diplômés universitaires sans débouchés, mais en consolidant d’abord leur base technique et industrielle. La logique défendue est celle d’une progression organique : former des techniciens pour l’industrie, générer des profits, puis réinvestir ces richesses pour développer des universités de pointe.
Vers une rupture budgétaire assumée
La solution préconisée dans cette tribune ne fait pas dans la demi-mesure. Elle appelle à une réduction de 30 à 50 % des dépenses liées aux œuvres sociales universitaires. L’objectif est de rediriger ces fonds vers la généralisation des cantines scolaires, l’équipement numérique du primaire et la transformation de la moitié des lycées généraux en lycées professionnels.
Conscient de l’impact social d’une telle réforme, l’auteur propose des mesures transitoires pour éviter le chaos :
- Une clause de « grand-père » préservant les acquis des étudiants déjà inscrits ;
- La création d’un « Pass Compétence » pour les lycéens ;
- Le remplacement progressif des bourses automatiques par des prêts d’honneur remboursables à l’emploi.
En conclusion de son plaidoyer, Moussa Niang exhorte l’État à choisir entre le maintien d’un confort précaire pour les boursiers actuels et la construction d’une base solide pour les citoyens de demain, quitte à commettre ce qu’il nomme un « suicide politique » salvateur pour la nation.
Il faut copier le modèle canadien et tout le monde y trouvera son compte
Il faut maintenir la dissolution des amicales qui sont principalement dirigées par des voyous , des gens toujours sous escortes armées qui font fortune au niveau des universités , y sèment la terreur et qui sont tout sauf étudiants.