Il y a un an, le président américain Donald Trump instaurait une nouvelle taxe douanière mondiale de 10 %, une mesure phare qualifiée de « Jour de libération ». Douze mois plus tard, alors que la Cour suprême a invalidé la majeure partie de ce dispositif le 20 février dernier, le bilan économique de cette politique commerciale commence à être précisément chiffré.
La haute juridiction a statué que le président ne disposait pas de l’autorité nécessaire pour imposer des tarifs douaniers illimités sous couvert d’urgence nationale. Face à ce revers juridique, Donald Trump a immédiatement activé une autre disposition légale pour mettre en place une taxe temporaire, valable jusqu’en juillet. Malgré cette annulation partielle, les effets de la mesure initiale ont déjà profondément modifié l’économie des États-Unis.
Selon les données relayées par Al Jazeera, le taux tarifaire effectif moyen aux États-Unis est passé de 2,6 % à plus de 13 % entre l’application de la taxe et la décision de la Cour suprême. Les économistes de la Réserve fédérale de New York soulignent qu’il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis la Seconde Guerre mondiale.
Alors que l’administration américaine affirmait que ces taxes seraient supportées par les pays étrangers, les études montrent une réalité différente. La Réserve fédérale de New York indique que près de 90 % de la charge économique a été absorbée par les entreprises et les consommateurs américains. Les enquêtes précisent qu’environ la moitié des entreprises concernées ont répercuté ces coûts directement sur les prix de vente.
L’impact sur les ménages a été évalué par la Tax Foundation. En 2025, les familles américaines ont déboursé en moyenne 1 000 dollars supplémentaires pour l’achat de biens courants. Face à cette pression pesant particulièrement sur les ménages à faibles revenus, le gouvernement a signé en novembre un décret exemptant 237 catégories de produits alimentaires importés, dont le café, le bœuf et les oranges. Avec le remplacement par une taxe fixe de 10 %, ce surcoût moyen devrait redescendre autour de 600 dollars.
Enfin, les conséquences financières s’étendent aux caisses de l’État. Le modèle budgétaire de Penn Wharton révèle que les États-Unis ont perçu plus de 287,1 milliards de dollars de droits de douane en 2025, et 64,4 milliards depuis le début de l’année 2026. Suite à la décision de la Cour suprême, le gouvernement pourrait désormais être contraint de rembourser jusqu’à 175 milliards de dollars aux entreprises ayant acquitté ces taxes jugées illégales.