États-Unis : Face aux velléités offensives de Netanyahu, la ligne directrice imposée par Donald Trump pour l’avenir du dossier iranien

Les retrouvailles à la Maison-Blanche entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont confirmé la solidité de l’alliance américano-israélienne, mais elles ont aussi mis en lumière une différence d’approche notable sur la gestion de la menace iranienne. Alors que le Premier ministre israélien privilégie l’option militaire, le président américain a tenu à réaffirmer sa priorité actuelle.

C’était leur sixième rencontre depuis le début du second mandat de Donald Trump en janvier 2025. Si l’atmosphère affichée était cordiale, qualifiée de « formidable » par le locataire de la Maison-Blanche sur sa plateforme Truth Social, les discussions à huis clos n’ont abouti à « rien de définitif » concernant la stratégie à adopter face à Téhéran. Selon les éléments rapportés par notre confrère Al Jazeera, Donald Trump maintient une position qui nuance les ardeurs bellicistes de son allié : la porte de la négociation doit rester ouverte avant tout recours à la force.

La diplomatie comme préférence, la force en embuscade

L’échange a permis au président américain de clarifier sa doctrine actuelle. Bien que Benjamin Netanyahu ait réitéré ses appels à une action militaire d’envergure, Donald Trump a insisté sur la nécessité de poursuivre les pourparlers. « Il n’y a rien de définitif, si ce n’est que j’ai insisté pour que les négociations avec l’Iran se poursuivent afin de voir si un accord peut être conclu ou non », a déclaré le président américain à l’issue de la réunion.

Cette position intervient quelques jours seulement après des discussions indirectes tenues à Oman entre officiels américains et iraniens, visant à éviter un embrasement régional. Pour Washington, l’objectif est d’obtenir de Téhéran l’arrêt de l’enrichissement nucléaire, la limitation du programme balistique et la fin du soutien aux milices régionales.

Toutefois, cette main tendue est assortie d’une menace explicite. Donald Trump a rappelé l’opération « Midnight Hammer » de juin dernier, au cours de laquelle les États-Unis avaient frappé trois sites nucléaires iraniens après l’échec de précédentes discussions. « J’espère que cette fois-ci, ils seront plus raisonnables et responsables », a-t-il averti, soulignant que si sa « préférence » va à un accord, l’issue pourrait être différente en cas d’échec diplomatique.

Les attentes maximalistes d’Israël

De son côté, Benjamin Netanyahu s’est présenté à Washington avec des exigences de sécurité élevées. Selon les observateurs, le Premier ministre israélien, confronté à des défis politiques internes et à la perspective d’élections anticipées, cherche à affaiblir durablement le régime iranien. Barbara Slavin, chercheuse au Stimson Center citée par Al Jazeera, analyse que Netanyahu considère l’Iran comme une « menace mortelle » et espère, à défaut d’un changement de régime, une neutralisation totale de ses capacités nucléaires et balistiques.

Le bureau du Premier ministre israélien est resté évasif sur les détails techniques, évoquant simplement une entente sur la « coordination continue » et les besoins sécuritaires d’Israël. Néanmoins, Netanyahu doit composer avec la réalité du terrain diplomatique imposée par Washington et les puissances régionales arabes, qui poussent majoritairement pour une désescalade.

Gaza et le « Conseil de la Paix »

Au-delà du dossier iranien, les deux dirigeants ont abordé la situation à Gaza. Donald Trump a évoqué des « progrès formidables », faisant référence au plan de cessez-le-feu en deux phases adopté en octobre dernier. Cependant, sur le terrain, les violences persistent, comme en témoignent les récents tirs israéliens signalés à Khan Younès.

En marge de cette rencontre, Benjamin Netanyahu a officialisé l’adhésion d’Israël au « Conseil de la Paix » (Board of Peace), une initiative controversée de l’administration Trump destinée à superviser les conflits mondiaux, parfois perçue comme une alternative à l’ONU. Cette signature intervient alors que le dirigeant israélien reste sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale.

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