États-Unis : Derrière l’accord de diffusion du documentaire de Melania Trump, la nature réelle de la transaction dénoncée par un ancien cadre d’Amazon

À quelques semaines de l’investiture de son époux, Melania Trump revient sous les projecteurs avec un documentaire sobrement intitulé « Melania ». Si le film promet une incursion intime dans la vie de l’ancienne et future Première dame, ce sont les coulisses financières de sa distribution par Amazon MGM Studios qui retiennent l’attention des experts de l’industrie cinématographique. Les montants engagés apparaissent sans commune mesure avec les prévisions de recettes.

L’opération pilotée par le géant du commerce en ligne repose sur des chiffres vertigineux pour le secteur du documentaire. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Amazon a déboursé 40 millions de dollars pour acquérir les droits du film, auxquels s’ajoutent 35 millions de dollars pour une campagne publicitaire d’envergure. Une clause spécifique du contrat permettrait à Melania Trump, productrice exécutive du projet, de percevoir personnellement 70 % de la somme d’acquisition.

Ces investissements contrastent brutalement avec les projections du marché. Les analystes anticipent un démarrage modeste au box-office américain, estimé entre 1 et 5 millions de dollars pour le premier week-end. À titre de comparaison, le documentaire politique « Fahrenheit 9/11 » de Michael Moore, souvent cité en référence, avait disposé d’un budget nettement inférieur pour des recettes bien plus conséquentes. Ici, le seuil de rentabilité semble, dès le départ, hors de portée.

Cette disproportion financière alimente les interrogations sur la nature réelle de l’accord. Ted Hope, ancien cadre ayant participé au lancement de la division cinéma d’Amazon, a explicitement questionné la logique commerciale de l’opération dans les colonnes du New York Times. Il suggère que cet achat, qu’il qualifie de « documentaire le plus cher jamais réalisé sans licence musicale », pourrait s’apparenter à une tentative de s’attirer les bonnes grâces de la nouvelle administration Trump.

Le contenu du film, réalisé par Brett Ratner, se veut pourtant apolitique. Le réalisateur, dont le retour derrière la caméra marque une étape après sa mise en retrait en 2017 suite à des accusations d’agression sexuelle, se concentre sur les choix vestimentaires, les engagements diplomatiques et la gestion de la sécurité de la Première dame. Marc Beckman, producteur du film, insiste sur cette dimension personnelle, loin des tumultes de la Maison Blanche.

L’accueil international du documentaire connaît déjà ses premiers revers. En Afrique du Sud, les principales chaînes de cinéma ont pris la décision de retirer le film de leur programmation, invoquant « le climat actuel » sans fournir plus de détails. Cette décision intervient dans un contexte de relations diplomatiques tendues entre Pretoria et l’entourage de Donald Trump, suite à des déclarations passées concernant la situation politique sud-africaine.

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Un commentaire

  1. Des échos qui nous parviennent parlent d’un véritable navet. Il y a eu des salles qui sont restées vides. A la dernière nouvelle la diffusion du documentaire a été annulée.


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