États-Unis : Contre la version officielle d’une attaque armée, l’objet identifié dans la main d’Alex Pretti qui relance le débat sur les raids fédéraux

Minneapolis est sous tension. Alors que l’administration américaine intensifie ses opérations de contrôle migratoire, la mort d’un homme lors d’une intervention fédérale suscite une vive controverse. Si les autorités décrivent officiellement un assaillant armé et dangereux, les éléments visuels disponibles et les témoignages recueillis sur place dessinent un scénario radicalement différent concernant les circonstances du drame.

Alex Jeffrey Pretti, un citoyen américain de 37 ans, a été abattu par des agents fédéraux lors d’un raid mené à Minneapolis, dans le Minnesota. Ce décès intervient dans un climat déjà lourd, marqué par la mort récente d’une autre Américaine, Renee Good, également tuée par un agent fédéral. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a dénoncé ce qu’il qualifie de « campagne de brutalité organisée », tandis que le maire Jacob Frey appelle Washington à cesser ces opérations sur son territoire.

**Une divergence majeure sur l’arme supposée**

La version présentée par le Département de la Sécurité intérieure (DHS) est celle de la légitime défense. Selon Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure, Alex Pretti aurait attaqué les agents. Une photo d’une arme à feu, présentée comme celle que portait la victime, a été diffusée par les autorités fédérales. Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de Donald Trump, est allé jusqu’à qualifier la victime d’« aspirant assassin », tandis que le commandement des frontières évoquait une volonté de « massacrer les forces de l’ordre ».

Cependant, cette narration se heurte à des preuves visuelles. D’après les informations rapportées par Al Jazeera, des vidéos amateurs vérifiées par l’agence Reuters montrent une réalité distincte. Sur ces images, Alex Pretti tient à la main un téléphone portable, et non une arme à feu. La séquence le montre tentant d’aider des manifestants bousculés par les agents fédéraux. On y voit l’infirmier s’interposer entre un agent et deux femmes, levant le bras pour se protéger d’un jet de gaz poivré avant d’être plaqué au sol.

**Les circonstances fatales**

Les images montrent ensuite plusieurs agents immobilisant l’homme au sol. Une voix crie un avertissement concernant la présence d’une arme, et un agent semble retirer un objet de la victime avant de s’éloigner. Quelques instants plus tard, un officier pointe son arme sur le dos d’Alex Pretti et tire quatre fois, suivi par d’autres coups de feu. Le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, a précisé par la suite que si Pretti était légalement propriétaire d’une arme, deux témoins ont certifié sous serment qu’il ne l’avait pas brandie lors de l’incident.

**Le profil de la victime**

Loin du profil criminel dépeint par l’administration fédérale, Alex Pretti travaillait comme infirmier en soins intensifs au Centre médical des Anciens Combattants (Veterans Affairs) de Minneapolis. Ses parents, Michael et Susan Pretti, ont exprimé leur colère face aux déclarations officielles, qualifiant les accusations de « mensonges écœurants ». Selon son père, Alex participait aux manifestations car il était profondément heurté par les méthodes de l’agence de l’immigration (ICE), notamment la séparation des familles.

**Un contexte de répression intensifiée**

Ce drame s’inscrit dans le cadre de la plus vaste opération fédérale d’immigration jamais menée à Minneapolis, mobilisant près de 3 000 agents. L’administration républicaine justifie ces actions militarisées par la nécessité d’expulser des criminels, ciblant particulièrement les villes dirigées par les démocrates. Le bilan humain de ces opérations s’alourdit : Alex Pretti est la sixième personne à mourir lors d’interventions de l’ICE depuis l’année dernière, alors que les centres de détention enregistrent également un nombre record de décès.

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5 commentaires

  1. Les usa sont devenus un grand hôpital psychiatrique. Comble de malheur les pensionnaires qui y vivent ont choisi l’un d’entre eux pour les diriger avec les conséquences qui en découlent en ce moment.

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