États-Unis : Au-delà de la convocation du chef de l’ICE, la condition fixée par un juge du Minnesota pour annuler l’audience

Le bras de fer se durcit entre le pouvoir judiciaire et les services de l’immigration dans le Minnesota. Alors que l’administration Trump intensifie ses opérations dans cet État du Midwest, un magistrat fédéral a pris une décision rare en exigeant la présence physique du responsable de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Une ordonnance qui répond à une gestion jugée défaillante des procédures de détention et qui s’accompagne d’une clause spécifique pour l’administration.

Le juge en chef Patrick J. Schiltz n’a pas dissimulé son agacement dans l’ordonnance signée lundi. Face aux manquements constatés dans le traitement des audiences de cautionnement pour les immigrants détenus, le magistrat a convoqué Todd Lyons, directeur par intérim de l’ICE, à comparaître devant lui ce vendredi. Cette décision intervient dans un climat de haute tension, marqué par des manifestations continues contre la politique migratoire fédérale.

Une patience judiciaire à bout

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le tribunal reproche à l’agence fédérale d’avoir déployé des milliers d’agents dans le Minnesota pour procéder à des arrestations massives, sans avoir prévu les ressources nécessaires pour traiter les recours juridiques qui en découlent. Le juge Schiltz a souligné que la cour avait fait preuve d’une « patience extrême », mais que la situation n’était plus tenable.

« L’ampleur de la violation des ordonnances judiciaires par l’ICE est extraordinaire, et des mesures moins contraignantes ont été tentées et ont échoué », a écrit le magistrat pour justifier cette convocation personnelle, qualifiée d’acte exceptionnel.

Le cas spécifique qui a déclenché l’ordonnance

Au cœur de cette décision se trouve le dossier d’un ressortissant équatorien, identifié sous les initiales Juan TR, arrivé aux États-Unis vers 1999. Bien que le tribunal ait accordé sa demande pour une audience de cautionnement le 14 janvier, avec un délai d’exécution de sept jours, ses avocats ont notifié à la cour le 23 janvier qu’il était toujours en détention sans avoir été entendu.

C’est ici que réside le levier de pression imposé par le juge : l’ordonnance précise que la comparution de Todd Lyons sera annulée si, et seulement si, le pétitionnaire est libéré de sa détention avant l’audience prévue.

Un contexte local explosif

Cette confrontation juridique survient alors que l’administration Trump a réorganisé son commandement sur place. Tom Homan, surnommé le « tsar des frontières », a été désigné pour reprendre en main les opérations dans le Minnesota, remplaçant le commandant de la patrouille frontalière Gregory Bovino. Ce changement de leadership fait suite à la mort de deux personnes ce mois-ci lors d’interventions des forces de l’ordre liées à l’immigration.

Les décès d’Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, et de Renee Nicole Good, mère de trois enfants, tous deux citoyens américains, ont alimenté la colère dans les rues de Minneapolis et de Saint Paul. Des vidéos suggèrent que les victimes ne représentaient pas une menace active au moment des faits. Malgré les tentatives de la Maison Blanche d’attribuer la responsabilité des troubles aux dirigeants démocrates locaux, les agents de l’immigration ont maintenu une activité soutenue dans les deux villes ce mardi.

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