Une vague de contestation d’une ampleur exceptionnelle a traversé les États-Unis ce samedi. Pour la troisième édition de la mobilisation nationale baptisée « No Kings », des foules importantes se sont rassemblées dans les 50 États américains ainsi que dans 16 pays, marquant l’une des manifestations coordonnées les plus vastes de l’histoire du pays.
Organisée par des groupes anti-autoritaires tels qu’Indivisible et 50501, appuyés par des syndicats et des organisations citoyennes, cette journée a comptabilisé plus de 3 000 événements. D’après les informations relayées par l’agence Anadolu, cette mobilisation intervient dans un contexte de forte baisse de popularité pour l’administration de Donald Trump, une frustration qui commence à s’exprimer jusque dans les rangs de sa base électorale.
Les motifs de cette grogne nationale sont multiples. Le Washington Post indique que les manifestants dénoncent notamment les conséquences du nouveau conflit avec l’Iran, qui a coûté la vie à 13 militaires américains. À cela s’ajoutent des préoccupations économiques directes : la hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires, l’impact des tarifs douaniers sur les produits de consommation courante, ainsi que la paralysie gouvernementale provoquant de longues files d’attente dans les aéroports.
Sur le terrain, la mobilisation a pris des proportions historiques dans certaines régions. Dans le Minnesota, des milliers de personnes se sont réunies devant le Capitole de l’État pour ce qu’Ezra Levin, cofondateur d’Indivisible, a décrit comme la plus grande manifestation de l’histoire locale. À Washington, près du Lincoln Memorial, un groupe de mères palestiniennes a déployé un drapeau de plus de trois mètres. Hazami Barmada, l’une des participantes, a souligné le contraste entre les difficultés financières des Américains face au logement ou à la santé, et l’utilisation des impôts pour subventionner les actions militaires d’Israël.
Des face-à-face ont également été signalés. En Floride, à West Palm Beach, la chaîne CNN a noté la présence d’une cinquantaine de partisans de Donald Trump, équipés de mégaphones et arborant des casquettes « Proud Boys », venus s’opposer aux participants de la marche.
Pour encadrer ces foules, la coalition « No Kings » a mis en place des mesures de sécurité drastiques. Les organisateurs ont interdit le port d’armes dans les cortèges et formé leurs responsables aux techniques de désescalade. Cette politique stricte vise à prévenir tout incident violent, en référence directe à la première journée d’action organisée en juin dernier. À Salt Lake City, un manifestant avait alors été tué et un autre blessé par un volontaire du mouvement 50501 suite à l’exhibition d’une arme à feu, bien que son port fût légalement autorisé dans l’État de l’Utah.