L’agence spatiale américaine (NASA) a franchi une étape historique ce mercredi en relançant l’exploration lunaire habitée. Plus de cinquante ans après la fin du programme Apollo, une fusée géante s’est arrachée du sol floridien, embarquant quatre astronautes pour un périple inédit autour de notre satellite naturel.
Le décollage de la mission Artemis II s’est déroulé à 18h35 (heure de l’Est) depuis le Centre spatial Kennedy, à Cap Canaveral. La fusée Space Launch System (SLS), haute de près de 100 mètres, a propulsé la capsule Orion dans l’espace. Comme le détaille la chaîne Al Jazeera, ce lancement a été précédé d’un compte à rebours sous haute tension. Les ingénieurs ont dû surveiller de près d’éventuelles fuites d’hydrogène — un problème ayant entraîné des reports par le passé — et intervenir in extremis sur des capteurs de batterie ainsi que sur le système d’interruption de vol, un dispositif de sécurité crucial permettant de détruire la fusée en cas de déviation.
Une fois ces obstacles techniques franchis, l’équipage a pu entamer son voyage. Il est composé de trois vétérans de la NASA ayant déjà séjourné dans la Station spatiale internationale, et d’un astronaute canadien effectuant son premier vol. « Nous avons un magnifique lever de Lune », a déclaré Reid Wiseman, le commandant de la mission, quelques minutes après le décollage, ajoutant qu’ils se dirigeaient « droit vers elle ».
L’objectif de cette mission de dix jours n’est pas de se poser sur la Lune, mais de valider une trajectoire dite de « retour libre ». Cette manœuvre stratégique permet au vaisseau de contourner la Lune et d’utiliser sa gravité pour revenir naturellement vers la Terre, sans nécessiter de propulsion supplémentaire, démontrant ainsi la capacité de la capsule à maintenir un équipage en vie dans l’espace lointain.
Le calendrier de vol prévoit une arrivée à proximité de la Lune le 6 avril (sixième jour de la mission), avec un survol à une distance comprise entre 6 450 et 9 650 kilomètres de la surface lunaire. Le retour dans l’atmosphère terrestre, à une vitesse avoisinant les 40 000 km/h, se conclura par un amerrissage dans l’océan Pacifique prévu pour le 10 avril 2026.
Notre rédaction précise que ce vol préparatoire s’inscrit dans un programme plus vaste. Artemis III, planifiée pour 2027, impliquera un amarrage en orbite terrestre avec un atterrisseur lunaire (le système Blue Moon de Blue Origin ou le Starship de SpaceX), avant la mission Artemis IV en 2028, qui visera à ramener des humains à la surface de la Lune.