Alors que l’échéance électorale de mars 2026 approche en France, le ministère de l’Intérieur anticipe déjà des menaces qui dépassent le cadre habituel des rivalités politiques. Laurent Nunez a publiquement exprimé ses préoccupations concernant l’intégrité du scrutin municipal, pointant du doigt des tentatives de déstabilisation issues de sphères criminelles et idéologiques précises.
Invité sur le plateau de Public Sénat, le ministre français de l’Intérieur a fait état d’une « crainte réelle » quant à l’immixtion potentielle d’acteurs extérieurs dans le processus démocratique local. Si Laurent Nunez précise qu’aucun « fait concret » n’est pour l’heure avéré concernant directement le scrutin à venir, la situation en est, selon ses termes, au « stade de l’inquiétude ». Cette vigilance s’appuie sur une observation minutieuse des dynamiques territoriales actuelles.
Au cœur de cette préoccupation se trouve l’emprise grandissante du narcotrafic. D’après les éléments relayés par l’agence Anadolu, le ministre a évoqué des signaux faibles mais alarmants, tels que des pressions sur les commerçants, des rackets, ou encore l’incendie du véhicule d’un maire à Échirolles. Ces événements, qualifiés de « troublants », laissent redouter une volonté des réseaux criminels de peser sur la gouvernance locale.
Les services de l’État identifient deux leviers d’action possibles pour ces groupes : les intimidations directes visant les élus et candidats, mais aussi, plus insidieusement, l’infiltration des listes électorales par des individus liés au trafic. Pour parer à cette éventualité, Laurent Nunez a indiqué avoir réuni les préfets pour élever le niveau de vigilance.
Outre le grand banditisme, les instructions données aux représentants de l’État incluent une surveillance accrue vis-à-vis de l’« islamisme politique ». Le ministre a assuré que ces deux thématiques feraient l’objet d’une attention particulière lors de la constitution des listes municipales.