C’est une rencontre qui confirme le redessinement de la carte géopolitique latino-américaine souhaité par Washington. Ce samedi, Donald Trump a ouvert les portes de sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, au nouveau président du Honduras, Nasry Asfura. Au-delà des échanges protocolaires habituels après une élection, cet entretien marque la consolidation d’un axe conservateur assumé entre les États-Unis et ce pays d’Amérique centrale.
L’échange, qualifié de fructueux par l’administration américaine, intervient quelques jours seulement après la prise de fonction de Nasry Asfura. Ce dernier, sorti vainqueur d’un scrutin particulièrement serré, a pu compter sur un soutien de poids durant sa campagne. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Donald Trump avait pesé de tout son poids politique, allant jusqu’à menacer de couper l’aide américaine au Honduras en cas de défaite du candidat conservateur.
Une convergence idéologique affichée
La réunion en Floride a permis aux deux hommes d’afficher leur proximité. Donald Trump a salué son « ami » Asfura, surnommé « Tito », en mettant en avant une vision politique commune. Sur sa plateforme Truth Social, l’ancien président américain a souligné que son homologue hondurien partageait « bon nombre des mêmes valeurs de l’Amérique d’abord » (America First). Cette déclaration scelle une alliance politique forte, alors que plusieurs pays de la région, comme le Chili, la Bolivie, le Pérou ou l’Argentine, ont connu des alternances vers des gouvernements de gauche ou des instabilités politiques récentes.
Cette proximité s’est traduite par des annonces concrètes sur le plan sécuritaire. Les deux dirigeants ont convenu de collaborer étroitement pour « contrer les cartels dangereux et les trafiquants de drogue ». Le volet migratoire, central dans la politique de Trump, a également été au cœur des discussions, avec un engagement commun visant à expulser « les migrants illégaux et les membres de gangs hors des États-Unis ».
Le poids du dossier Hernandez
Cette alliance se dessine sur une toile de fond judiciaire complexe. Juste avant l’élection hondurienne, Donald Trump a accordé une grâce présidentielle à l’ancien président du Honduras, Juan Orlando Hernandez. Ce dernier, figure du même parti politique que Nasry Asfura, purgeait une peine de 45 ans de prison aux États-Unis pour trafic de drogue.
Cette décision, perçue par notre source Al Jazeera comme un « geste de solidarité » envers le parti du nouveau président, a suscité de vives réactions. Elle contraste avec la rhétorique habituelle de l’administration Trump, qui a souvent justifié des interventions extérieures, y compris des bombardements de navires présumés de narcotrafiquants ou des actions contre le président vénézuélien Nicolas Maduro, au nom de la lutte contre le trafic de drogue.
Nasry Asfura devrait s’adresser prochainement aux médias honduriens pour détailler les retombées de cette visite. Ce déplacement s’inscrit dans la continuité des relations bilatérales, survenant moins d’un mois après une rencontre avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui avait ouvert la voie à des projets d’accord de libre-échange.